Procès des attentats de janvier 2015 : "Pour moi, celui qui a donné l'arme est le plus coupable"

Procès des attentats de janvier 2015 : "Pour moi, celui qui a donné l'arme est le plus coupable"
Justice

JUSTICE - Au 13e jour du procès des attentats de janvier 2015, Marie-Louisa Jean-Philippe, la mère de Clarissa, policière municipale assassinée à Montrouge par Amedy Coulibaly, a témoigné ce vendredi. Jamais remise de la mort de sa fille, elle veut désormais obtenir "la vérité".

Ce jour-là, elle était chez elle, en Martinique, quand elle a appris par téléphone le décès de sa fille, lâchant la tasse de café qu'elle avait en mains. Signe du traumatisme, elle n'en a plus jamais bu depuis. Marie-Louisa Jean-Philippe, la maman de Clarissa Jean-Philippe, policière municipale assassinée à 8h04 le 8 janvier 2015 à Montrouge, a témoigné ce vendredi devant la cour d'assises spéciale. "Ma fille avait beaucoup d'ambition d'être policière, toute sa vie c'est ce qu'elle voulait faire", commence-t-elle. "Elle a été à Montrouge et a réussi le concours de police municipale. Malheureusement..." À 49 ans, la mère de famille perd sa fille de 26 ans. "Elle devait passer le concours de police nationale, elle n'a pas eu le temps de le faire." 

Le 8 janvier 2015, Clarissa Jean-Philippe et ses collègues sont appelés avenue Pierre Brossolette, où vient de se produire un accident. Il est 7h30 quand ils arrivent sur place. Là, ils évoquent ensemble les événements de la veille, la tuerie perpétrée par les frères Kouachi dans les locaux de Charlie hebdo. À peine plus d'une demi-heure plus tard, la policière municipale prend une balle au niveau du cou. Elle s'effondre. Les secours ne pourront rien faire pour la sauver. 

Le corps de sa fille décédée à la télévision

À l'annonce du décès, Marie-Louisa Jean-Philippe perd connaissance. "Je suis restée en état de choc pendant une heure ou deux heures", précise-t-elle à l'audience. Quand elle reprend ses esprits, beaucoup de monde se trouve déjà autour d'elle. Un soutien ô combien précieux. Sur les chaînes d'information, les images du tragique événement montrant notamment le corps de sa fille à terre passent en boucle. "Je ne pouvais pas supporter de voir à la télé que ma fille est morte."

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Elle se rend alors en métropole, y reste deux semaines, puis repart en Martinique, où doivent être célébrées les obsèques. "Habituellement, pour les veillées mortuaires, il y a beaucoup de monde. On met le corps au milieu, dans un cercueil ouvert. Toute la famille est là. On a mis Clarissa dans le paladium (un gymnase de la commune de Sainte-Marie, ndlr)", détaille la mère endeuillée. "Mais seule la famille a pu la voir. Ma fille a perdu beaucoup de sang. Tout son visage était devenu mort. Je ne voulais pas que tout le monde la voit comme ça. Je voulais que tout le monde garde une belle image d'elle." 

"Les gens qui ont fait ça ont des complices"

Venir à ce procès a été une véritable épreuve pour Marie-Louisa Jean-Philippe. Émue aux larmes, elle déclare : "La veille de sa mort, je lui ai dit de faire très attention avec ce qu'il s'était passé à  Charlie Hebdo. Elle m'a répondu : 'Maman, ne t'inquiète pas, ils nous ont donné des gilets pare-balles'." Une protection malheureusement insuffisante pour la jeune policière. 

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Aujourd'hui, sa mère attend la vérité. "Ma fille n'est plus là. Les gens qui ont fait ça ont des complices. Moi je cherche la vérité. Pourquoi ils ont fait ça ? Pourquoi ils ont tué ma fille ? Pour moi, celui qui a donné l'arme est le plus coupable. S'il a donné l'arme c'est qu'il avait l'intention de tuer."

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