Procès du patron de Casa Nostra : à la barre, le récit émouvant des victimes du 13-Novembre

Justice

TÉMOIGNAGES - Ce mercredi se tient le procès du dirigeant du restaurant parisien Casa Nostra, accusé d’avoir enregistré et divulgué des images de vidéosurveillance, ensuite diffusées sur le site du DailyMail. Plusieurs victimes de l’attentat s’étaient reconnues et avaient porté plainte. Elles ont témoigné à la barre.

Ils étaient au Casa Nostra le soir du 13-Novembre. Lucille, Ralph et Quentin ont vécu l’horreur lorsque le commando des terrasses s’est attaqué à cette pizzeria du Xe arrondissement de Paris. Un an et demi plus tard, ils sont revenus avec difficulté sur cette soirée devant le tribunal correctionnel de Paris.

Ce mercredi, les trois amis étaient à la 17e chambre du Palais de justice pour le procès du dirigeant de la Casa Nostra, Dimitri Mohamadi. Ce dernier est jugé avec deux autres prévenus pour avoir "maintenu sans autorisation un système de vidéosurveillance au sein de l’établissement Casa Nostra" et "enregistrement et divulgation d’images". 

Les images de vidéosurveillance, montrant la fusillade, avaient été vendues au DailyMail pour 50.000 euros et publiées sur son site internet le 18 novembre. Lucile, Quentin et Ralph s’étaient alors reconnus et avaient décidé de porter plainte. Pendant le procès, on a appris que deux autres victimes s’étaient aussi portées partie civile.

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L'émotion à la barre

Dès le début de l’audience, la présidente du tribunal souhaite entendre les victimes pour qu'elles racontent "ce qu’ils ont vécu le soir du 13-Novembre au Casa Nostra".

Lucile est la première à prendre la parole. Cheveux bruns coupés au carré, pull noir à col Claudine, elle relate brièvement les faits. "J’étais en terrasse avec mes amis quand la fusillade a commencé, relate-t-elle d’une voix timide. J’étais blessée au bras et je me suis réfugiée derrière le bar avec la serveuse". 

Ralph, lunettes rondes et cheveux bruns ondulés, est le deuxième à s’exprimer. Il porte un blazer noir sur une chemise de couleur foncée. Visiblement très ému, il prend de longues respirations entre chaque phrase : "Ce soir-là (…), j’étais avec mes amis en terrasse lorsque j’ai cru entendre des pétards". Un long silence s’en suit. La présidente reprend la parole et raconte alors pour lui sa fuite à l’étage, où il s’était caché. "Confirmez-vous ces faits ?", termine-t-elle. Et lui d’acquiescer avant de retourner s’asseoir.

"J'ai vu les agresseurs, on s'est croisés du regard"

C'est au tour de Quentin de s'avancer à la barre. D’une voix affirmée, il déroule les faits avec précision : "Dès que les tirs se sont interrompus, j’ai couru dans la rue Fontaine au Roi", raconte-t-il. J’ai vu les agresseurs partir en voiture et à ce moment-là, on s’est croisés du regard. Je suis revenu précipitamment à la Casa Nostra à la recherche de Lucile et Ralph. Je n’avais pas remarqué que les clients étaient sous les tables. Je suis descendu instinctivement dans la cave". Mais le gérant – il ne s’agit pas de Dimitri Mohamadi - ne lui dit pas que son amie est là. Il erra alors pendant une dizaine de minutes à sa recherche, avant qu’on lui dise qu’elle se trouvait dans la cave. 

Assis au premier rang, face à la présidente, les trois victimes resteront tout le long du procès. L'un d'entre eux quittera la salle sur proposition de la présidente lorsque les images de la vidéosurveillance seront diffusées dans la salle d'audience.

Le procès doit permettre d'identifier les responsabilités de M. Mohamadi, de son ami M. Saffer et du "hacker" M. Attia, non seulement dans l’installation des caméras, mais surtout dans la transaction qui a conduit à leur diffusion.

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