Procès du viol au 36 quai des Orfèvres : les accusés répètent n'avoir "jamais violé" Emily S.

Procès du viol au 36 quai des Orfèvres : les accusés répètent n'avoir "jamais violé" Emily S.
Justice
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AUDIENCE - Au dernier jour du procès de Nicolas R. et Antoine Q., anciens policiers de la BRI, les accusés ont pris la parole une dernière fois avant que la cour ne se retire pour délibérer. Les deux fonctionnaires sont jugés pour le viol d'Emily S., touriste canadienne, dans les locaux du 36 quai des Orfèvres en avril 2014 à Paris. L'avocat général a requis 7 ans de prison à leur encontre. Le verdict doit être rendu ce jeudi.

Leurs derniers mots auront peut-être leur importance pour les jurés partis délibérer aux alentours de 10 heures, ce jeudi matin. Un peu avant, à l'audience, le président de la cour d'assises a invité les deux accusés, au 14e jour de leur procès, à prendre la parole une dernière fois. 


Nicolas R. et Antoine Q., anciens policiers de la BRI et jugés depuis le 14 janvier pour le viol d'Emily S., touriste canadienne, dans les locaux du 36 quai des Orfèvres dans la nuit du 22 au 23 avril 2014 à Paris, ont donc fait le choix de prononcer quelques phrases. Les deux hommes ont répété, comme ils l'ont toujours fait, qu'ils n'avaient "jamais violé" Emily S.

"Je suis pas un violeur"

Nicolas R., 49 ans, a été le premier à se lever et à s'adresser à la cour : "Monsieur le président, mesdames et messieurs les jurés. Je reconnais qu'en tant que policier je n'aurais jamais dû emmener Emily S. dans les locaux de la BRI. Je le regrette. Je regrette depuis cinq ans de ne pas avoir pris le temps de la raccompagner. Si j'avais pris ce temps, il n'y aurait pas eu cette histoire. Toute ma vie, j'ai eu de bons rapports avec les femmes". 


En larmes, il a ajouté avant de se rasseoir à sa place : "J'ai jamais agressé, violenté, violé Emily S. Je sais que vous allez décider de ma vie. Je suis pas un violeur, je suis pas un violeur (en larmes) Je suis pas un violeur. Merci."

"On ne peut pas faire ça à une femme"

Son ancien collègue de la BRI, Antoine Q., 40 ans, s'est levé à son tour pour se positionner à la barre. "Mesdames et messieurs, ça fait cinq ans que c'est un cauchemar, pour moi, ma famille, mon fils qui m'a dit : 'Rentre pas tard ce soir'. On peut pas faire ça à une femme et on ne peut pas faire endurer ça à un homme. Ça fait cinq ans que j'ai confiance en l'institution", a-t-il déclaré, lui aussi très éprouvé. 


Et de poursuivre : "J'ai des soutiens, c'est ça qui me fait tenir. Mes proches, mes amis. Ma femme aussi. J'ai peut-être été infidèle mais jamais je n'ai violé une femme, jamais j'ai violé cette femme. Je ne peux pas faire ça à quelqu'un. C'est pas moi. On ne peut pas laisser faire ça. C'est ma vie que vous avez entre vos mains, je vous fais confiance".  Puis Antoine Q. a regagné sa chaise. 


Le président de la cour d'assises, Stéphane Duchemin, a clos le dossier et invité les jurés à répondre à cette question : "Avez-vous une intime conviction ?"


La cour s'est ensuite retirée dans  la chambre des délibérés et l'audience a été suspendue. Les avocates de la défense se sont, elles, effondrées en larmes, après avoir vu leurs clients partir dans une salle dédiée, le temps du délibéré. 

Jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle

Ce jeudi, à l'audience, de nombreux collègues étaient venus soutenir les accusés.  


Mercredi, l'avocat général Philippe Courroye a requis sept ans de prison ferme à l'encontre des deux accusés. Pour viol en réunion, ils encourent jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.  


La défense a plaidé le bénéfice du doute, soulignant qu'il n'y avait "aucune certitude dans ce dossier". Le verdict doit être rendu ce jeudi. 

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