Procès Fillon - "C'est mon mari qui décidait" : à la majorité des questions, Penelope renvoie vers François

Procès Fillon - "C'est mon mari qui décidait" : à la majorité des questions, Penelope renvoie vers François

PENELOPEGATE - Le tribunal correctionnel de Paris a commencé ce jeudi à examiner les accusations de détournement de fonds publics visant François Fillon, soupçonné d'avoir employé fictivement sa femme. Les époux ont été interrogés longuement, et plus particulièrement Penelope, qui a souvent peiné à répondre…

Le procès aurait pu être renvoyé pour des questions de procédure. Mais le tribunal ayant décidé de ne pas transmettre à la Cour de cassation les deux questions prioritaires de constitutionnalité soutenues par la défense, l'affaire a pu être enfin abordée sur le fond. Ce jeudi donc, dans l'enceinte de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, les époux Fillon se sont relayés à la barre pour répondre aux questions du tribunal et du ministère public, qui ne leur a rien épargné. 

Mais avant ce difficile exercice, l'ancien Premier ministre François Fillon a souhaité, alors qu'il ne l'avait pas "prévu", 'faire une déclaration liminaire à la suite des propos tenus la veille par le parquet national financier', qui,  dit-il, lui a "laissé le choix entre la peine de mort et la victimisation". 

"J'ai déjà été condamné sans appel par un tribunal médiatique", a lancé François Fillon, chemise blanche, costume sobre et notes à la main. "Les dégâts sont irréparables : il y a l'élection présidentielle bien sûr, il y a la place du courant de pensée que je représentais (...) Et puis il y a mon honneur, celui de mon épouse et de Marc Joulaud. C'est cet honneur que nous allons maintenant défendre ici. (…) promettant à ce procès  "la vérité sur le travail essentiel accompli" par sa femme. 

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L'affaire Penelope Fillon

"Missions précises et ponctuelles"

Son épouse a pourtant peiné à détailler précisément les tâches qu'elle exerçait auprès de son époux depuis 1981… Quand elle n'a pas renvoyé à François en répétant plusieurs fois au sujet de ses rémunérations ou de ses contrats : "C'est mon mari qui décidait", "C'est mon mari qui fixait". 

"C'était des missions précises, ponctuelles ", a indiqué ainsi Penelope Fillon, 64 ans, à la barre quand le tribunal lui a demandé  ce qu'elle faisait avant de devenir assistante parlementaire. 

Cheveux lisses et bien coiffés au niveau des épaules, serre-tête sur la tête, tailleur sombre et lunettes sur le nez, elle a parlé de "revues de presse locale" qu'elle rédigeait, des "fiches" qu'elle préparait quand "François Fillon était invité dans des manifestations, du "courrier" à lire et à trier quand certains arrivaient au domicile" (le au manoir de Beaucé), "35 à 40 par semaine "selon elle.  

 

"L'aménagement du bocage sabolien", "vie économique de la Sarthe en 1986", les études que Penelope  Fillon aurait faites pour son époux François portent des titres pour le moins originaux. A l'audience, elle a précisé que celles-ci faisaient entre 50 et 60 pages, pages qu'elle aurait transmises à son époux mais qui n'ont jamais été retrouvées. Les contrats de travail correspondants eux en revanche, l'ont bien été, avec des rémunérations de 4.700 à 30.000 francs pour ces travaux. "Mon mari a décidé du montant, en fonction du crédit collaborateur", a-t-elle à nouveau répété renvoyant la balle à son époux sur les questions de salaires et de contrat. Il confirmera plus tard, indiquant que c'était "la plus diplômée".

"Neuf fois le Smic"

"Pour organiser le secrétariat de votre mari, vous touchez neuf fois le Smic !", s'est étonné Bruno Nataf, l'un des procureurs du parquet national financier. Quant aux "primes exceptionnelles" versées en 2001 et 2002, Penelope Fillon n'a pas su encore expliquer là encore,  pourquoi elle les avait touchées. 

Au fil des différents emplois occupés par Penelope Fillon, des années 1980 à 2013 aux côtés de son époux. sa rémunération a varié. En fonction de quoi?  "En fonction de la disponibilité de l'enveloppe parlementaire (...) Cette rémunération était une variable d'ajustement par rapport à une enveloppe disponible", a affirmé François Fillon. 

Quant à l''emploi de "conseiller littéraire" à la Revue des deux mondes, simultané avec son dernier contrat d'assistante parlementaire, entre 2012 et 2013, était-il possible ?  "Je me suis dit que je pourrais cumuler. Il n'y avait pas de contraintes horaires", explique Penelope Fillon. 

Puis les deux procureurs font le parallèle entre les naissances des enfants du couple et les premiers contrats de leur mère, qui n'a jamais posé de congé maternité. Aurélien Létocart, vice-procureur pointe d'ailleurs le fait qu'à chaque naissance, vient un contrat :"On a l'impression qu'à mesure que les besoins financiers de votre famille augmentent, on trouve de nouvelles ressources par l'intermédiaire de ces contrats qui arrivent simultanément", ironise-t-il. Penelope Fillon conteste, mais ne semble pas convaincre. "Nous compatissons", "nous avons mal pour vous", assurent les procureurs face à cette femme décontenancée. 

Pour la défense qui va plaider la relaxe, Penelope Clarke épouse Fillon a réellement exercé auprès de son époux François le travail d'assistante parlementaire. Pour l'accusation, ils ont détourné plus de 400.000 euros d'argent public entre 1998 et 2002 puis en 2012 et 2013.

Le procès doit durer jusqu'au 11 mars. La prochaine audience se tiendra lundi à 13h30.

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