Procès Fiona : 30 ans de prison requis, les accusés restent de marbre

JUSTICE - L'avocat général a réclamé vendredi matin la peine maximale à l'encontre de la mère de Fiona et de son ex-compagnon. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont jugés depuis deux semaines devant les assises du Puy de Dôme pour des violences sur l’enfant de 5 ans et dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Au terme de dix jours de procès, l’avocat général a requis vendredi matin la peine maximale à l’encontre de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf : 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une peine période de sûreté des deux tiers. La mère et le beau-père de la petite Fiona sont jugés depuis le lundi 14 novembre devant la cour d’assises de Riom pour avoir, en mai 2013, avoir frappé l’enfant de 5 ans et enterré son corps. La sépulture n’a jamais été retrouvée. 

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"Nous n’avons pas de corps, c’est un dossier difficile pour l’accusation", a concédé Raphaël Sanesi de Gentile qui, en l’absence de preuves matérielles, s’est raccroché aux témoignages. Celui de l’assistante maternelle de l’école de Fiona et de la caissière du cinéma notamment qui, quelques jours avant la mort de l’enfant, avaient décrit son « teint  cadavérique » : "On aurait dit un petit cadavre". 

Derrière la vitre transparente, les accusés sont restés de marbre

Au cours de son réquisitoire d’une heure trente, l’avocat général s’est employé à déconstruire la défense de l’ancien couple de toxicomane qui avait laissé entendre un possible décès accidentel de Fiona après une absorption de médicaments ou de drogues. "Le scénario macabre que vous avez imaginé sans que personne ne puisse faire de constatations médico-légales va à l'encontre de la thèse accidentelle. Vous aviez tout à craindre des médecins". 


A la question de savoir qui a donné les coups, au cœur d’intenses débats durant le procès, Raphaël Sanesi de Gentile n’a fait aucune "distinction". "Les coups ont été donnés en coaction, a-t-il estimé. Fiona a été lourdement victime de ce couple infernal. Il n'est pas nécessaire que je puisse identifier qui a fait quoi, peu importe si l'un a mis trois coups et l'autre, un seul. Les deux ne font qu'un".

 A la" peine exemplaire" qu’il a réclamée, l’avocat général a également ajouté "un suivi socio-judiciaire de vingt ans",  la privation "des droits civiques et familiaux durant dix ans" et pour Cécile Bourgeon, " le retrait total de l’autorité parentale". Derrière la vitre transparente, les accusés sont restés de marbre. 

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