Procès Fiona : 5 ans de prison pour la mère, 20 ans pour le beau-père, le verdict accueilli dans la stupéfaction

VERDICT - La cour d’assises du Puy-de-Dôme a rendu son verdict vendredi soir. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf ont été condamnés respectivement à 5 et 20 ans de prison. La cour a considéré que la mère n'était pas coupable des faits de violences volontaires ayant entraîné la mort. Un verdict accueilli avec stupéfaction.

Le verdict a été accueilli par un souffle de stupéfaction. Au terme de dix jours de procès, la cour d’assises du Puy-de-Dôme a condamné Cécile Bourgeon à cinq ans de prison et Berkane Makhlouf à vingt, assortis d'une période de sûreté des deux tiers. Deux peines distinctes et bien en-deçà des réquisitions de l'avocat général qui avait retenu la "co-action" et réclamé le maximum, 30 ans de prison. La cour a décidé d'acquitter Cécile Bourgeon des coups mortels au motif qu'il n'existait qu'"un seul élément à charge à son égard, la parole tardive et variable" de son ancien compagnon. Les jurés n'ont retenu à son encontre que les délits dont la "non-assistance à personne en danger" et le "recel de cadavre". Ils lui ont par ailleurs retiré l’autorité parentale de ses deux autres enfants. Comme depuis le début du procès, les accusés n'ont rien laissé transparaître. 


"On a fait la part belle à  la manipulation et aux mensonges", a dénoncé en sortant Me Fribourg, l'avocat de Nicolas Chafoulais, qui a quitté la salle d'audience avant la fin. "La cour s'est montrée aveugle sur une partie des faits. Ce verdict est surprenant", a commenté l'avocat de Berkane Makhlouf Me Khanifar qui a laissé entendre qu'il ferait appel. Renaud Portejoie s'est au contraire félicité. "Le droit l'a emporté sur la rue", a estimé l'avocat de Cécile Bourgeon, saluant "le courage des jurés". Il avait un peu plus tôt demandé à la cour de ne pas céder à "la vindicte populaire". Celle-ci s'est exprimée tard dans la rue vendredi soir devant le palais de justice. Insultes et crachats ont accompagné la sortie des fourgons pénitentiaires dans lesquels les condamnés étaient transportés. Un cri d'indignation d'une foule déchainée qui s'est dit "trahie" par les mensonges de la mère et du beau-père de Fiona il y a trois ans et une nouvelle fois par "la justice qui protège les assassins". En mai 2013, le couple avait échafaudé un incroyable scénario pour tenter de faire croire à l’enlèvement de Fiona au parc Montjuzet de Clermont-Ferrand. Durant leur quatre mois de mensonges, des comités de soutien s'étaient montés pour l'aider. Jusqu'à ce qu'il passe aux aveux...


Comment la petite fille de 5 ans est-elle morte ? Qu’ont-ils fait du corps ? L’ouverture du procès devant les assises du Puy-de-Dôme avait suscité un nouvel espoir pour un public toujours plus nombreux au fil des audiences. Très vite, les parties civiles avaient elles compris que  les anciens toxicomanes, désormais shootés aux médicaments dans le box transparent, leur confisqueraient la vérité. "Ils ne lâcheront rien", s'était résigné le père de Fiona après une semaine de débats. 

"Nous n’avons pas de corps, c’est un dossier difficile pour l’accusation", avait concédé vendredi matin l’avocat général au cours de son réquisitoire. Mais en l’absence de preuves matérielles, Raphaël Sanesi de Gentile s’était raccroché aux récits de deux témoins qui avaient indiqué que l'enfant avait un "teint cadavérique" et un hématome sur le côté du front quelques jours avant sa mort. "Fiona a lourdement été victime de ce couple infernal (...)  Il n'est pas nécessaire de pouvoir identifier qui a fait quoi, peu importe si l'un a mis trois coups et l'autre, un seul. Les deux ne font qu'un", avait asséné l'accusation qui avait balayé la thèse d’une absorption accidentelle de drogues soutenue par les accusés durant le procès. 


Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense s’étaient eux engouffrés dans les failles d'un dossier fragile et le flou laissé par dix jours éprouvants. Le fantasme de "l’enfance martyrisée" et "d’une lente agonie" de la petite fille la semaine avant sa mort, "il faut l’évacuer", avait plaidé Me Portejoie, s'appuyant lui aussi sur les témoignages qui décrivaient Fiona en bonne santé peu avant le drame. "Ecartez la colère, écartez la haine !  Faites barrage à votre émotion, n’utilisez que la raison, la raison, c’est la prudence et vous direz la justice, avait lancé l'avocat de Cécile Bourgeon. Il n'y a pas de honte à dire 'je ne sais pas les causes de la mort'". Ils ont en tout cas choisi qui en endosserait la responsabilité. 

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