Procès Fiona : Cécile Bourgeon reconnaît avoir menti

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Mort de Fiona : peine alourdie en appel pour la mère

COMPTE-RENDU - C'est dans une ambiance électrique que s'est achevée le huitième jour du procès de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, jugés pour des violences aggravées sur la petite Fiona dont le corps n'a jamais été retrouvé. Pour la première fois, la mère de l'enfant a reconnu avoir "menti" sur les coups qu'elle avait imputés à son compagnon.

Le dernier enquêteur vient de terminer sa déposition devant la cour d’assises de Riom. Il est près de 21h30 ce mercredi lorsque l’audience s'apprête à basculer. Le président demande à Cécile Bourgeon de se lever. Il souhaite l’interroger sur le rapport du médecin-légiste qui a été entendu un peu plus tôt. Le docteur Catherine Rey-Salmon a indiqué qu’elle privilégiait l’hypothèse d’un "traumatisme abdominal fatal", consécutifs à des coups au ventre pour expliquer la mort de la petite Fiona. Une hypothèse basée sur les déclarations des accusés et les éléments de l’enquête, le corps de l’enfant de 5 ans n’ayant jamais été retrouvé.

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    "Donc c'est un mensonge ?" - "Oui"

    "Je pense plus que c’est médicamenteux", commente la mère de l'enfant. "Madame Bourgeon, vous avez parlé de coups au thorax (assénés par Berkane Makhlouf), c’était une invention ?", demande le président Dominique Brault.  "Non, c’était pas vraiment une invention…" marmonne l’accusée. "Vous comprenez ce que vous êtes en train de dire ? C’est vrai ou pas vrai ? C’est un mensonge ?", insiste le magistrat. "Oui", bredouille la jeune femme tout en ajoutant immédiatement  "lui (Berkane Makhlouf) aussi dit des mensonges". "Donc c'est un mensonge lorsque que vous avez accablé monsieur Makhlouf ? Même devant la cour d'assises, vous dites des mensonges ?", reprend le président. "Oui. Il arrêtait pas de m'accabler, je l’ai accablé un peu plus, se justifie la mère de Fiona (...) Au début, il disait des bonnes choses sur moi. Après, j’ai été placée en criminelle à cause d’une phrase qu’il a dit sur moi et j’encours trente ans". 

    Mais "c’est vous qui l’avez accablé en premier !", s'agace le président. Renaud Portejoie l’interrompt. Nez dans le dossier, l'avocat de Cécile Bourgeon entend appuyer les déclarations de sa cliente. Si elle a très vite accusé son ex-compagnon d’avoir frappé Fiona, elle n’a parlé "de coups de genoux à l’abdomen" que devant le juge d’instruction, selon l'ordonnance de renvoi. Une fois que Berkane Makhlouf l'avait accusée d'avoir aussi donné des coups à la petite fille. Mais cette nouvelle "obstruction" de l’avocat, recadré à maintes reprises, fait sortir de ses gonds le président. L’audience est suspendue, le temps d’appeler le bâtonnier.

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      Revirement ou non-événement ?

      Si c'est la première fois que Cécile Bourgeon reconnaît qu'elle a menti, elle avait déjà atténué les accusations à l'égard de son compagnon la semaine dernière. Durant l’enquête, elle affirmait que la petite fille était devenue son "punching ball". A la barre, elle nuançait alors en affirmant que les coups n'étaient pas vraiment fréquents et n'avaient pas pu être mortels, évoquant "un accident".  Aujourd'hui, elle semble le dédouaner. Alors, vrai coup théâtre ou "non-événement" de la part d’une accusée qui dit "tout et son contraire", selon les avocats des parties civiles ? La réponse ne viendra pas ce mercredi soir. Il est près de 23h. Le président juge l'heure trop tardive pour continuer les débats qui semblaient, pour la première fois depuis le début de ce procès, enfin avancer. 

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