Procès Fiona : Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se livrent sans rien dire

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Mort de Fiona : peine alourdie en appel pour la mère

COMPTE-RENDU - Au neuvième jour du procès de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, jugés pour avoir frappé la petite Fiona, dont le corps n’a jamais été retrouvé, la parole des accusés s’est libérée. Mais sans apporter les réponses que la cour espère depuis plus d’une semaine.

Dès l’ouverture des débats ce jeudi, Cécile Bourgeon prévient : "Je garderai le silence jusqu’à la fin du procès". Elle n’a pourtant jamais autant parlé. De la naissance de Fiona d’abord, "un beau bébé de 3,430 kg" et de sa "fierté" d’être la mère de cette gamine "intelligente".  De l’arrivée du deuxième enfant ensuite et de l’attente impatiente du troisième. "Fiona disait qu’elle était contente d’avoir un petit frère", raconte la jeune femme, en larmes - Nassim* est né trois mois après la disparition de Fiona. "Je pleurais parce que j’allais mettre au monde un enfant mais j’avais perdu ma fille", glisse-t-elle. 

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    "Arrête de mentir, je l'ai jamais frappée"

    Au terme d’un long récit auquel le public est suspendu, Me Grimaud, l'avocate de l'association "Innocence en danger", s’avance à pas de velours. "Elle a été frappée ?", interroge-t-elle d'une voix douce. Cécile Bourgeon murmure : "C'est arrivé le mardi. Le mercredi, on lui a mis le bandeau (ndlr  : pour cacher les marques). Le jeudi, vendredi, elle allait mieux. Samedi après..." Une phrase qu’elle ne termine pas. "Je m'en veux. J'ai l'impression de ne pas lui avoir assez dit 'Je t'aime', de ne pas l'avoir serrée assez dans mes bras", sanglote-t-elle. 

    L’accusée parle aussi beaucoup de cet ancien compagnon assis à ses côtés et qui, regard inquiet, pressent les accusations arriver. "Léa* (ndlr : la petite sœur) mettait des fessées à son doudou. Parce qu’elle disait ‘papa fait ça’" - "Arrête de mentir, je l’ai jamais frappée !", s’emporte Berkane Makhlouf. L’échange se tend, le couple fait voler en éclats le pacte de non-agression qu’il semblait jusque-là avoir passé. "Et les bleus à la tête (de Fiona, ndlr), c'est à vélo qu'elle est tombée ?" assène l’accusée – "Oui je croyais. Tu m’as vu lui mettre un coup ? Sois sincère. Elle est où la vérité là-dedans ?". 

    "Je ne sais pas où est le corps de Fiona"

    Quelle crédibilité en effet accorder aux déclarations de deux accusés qui, depuis le début du procès, ajustent leurs versions ? "Quand j’entends tout ça je suis dégoûté (…) Je reconnais, je suis quelqu'un d'exécrable, de possessif, de paranoïaque. Mais les enfants, j’y touche pas", maintient Berkane Makhlouf, qui finit par fondre en larmes à son tour. "On s’est jamais dit, on va tuer Fiona, on va aller l’enterrer, on l’a pas fait de sang-froid. On n’est pas des monstres".

    A une journée du verdict, les avocats des parties civiles ont le sentiment amer que le "procès commence". Mais lorsque Me Costantino, l'avocat d'Enfance et partage, s’avance près de la vitre transparente pour interroger l'accusée sur les faits, Cécile Bourgeon répond comme chaque jour :  "Je ne sais pas de quoi Fiona est morte".

    *Le prénom a été changé

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