Procès Fiona : pour Cécile Bourgeon, la mère, "tout ça, c’était un accident"

Procès Fiona : pour Cécile Bourgeon, la mère, "tout ça, c’était un accident"

COMPTE-RENDU - Au deuxième jour du procès de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, jugés pour avoir frappé à mort la petite Fiona, dont le corps n’a jamais été retrouvé, la cour d'assises de Riom s’est penchée sur la personnalité de la mère de l’enfant. Celle qui accusait son ancien compagnon de la responsabilité des coups a évoqué, sans plus de détails, "un accident". LCI est sur place.

Durant une heure, Cécile Bourgeon a parlé avec une certaine aisance. Du divorce de ses parents d’abord, lorsqu’elle avait 5 ans, et de ce père qui "ne s’est pas super bien occupé" d’elle. "Il me mettait des branlées", précise-t-elle.  Elle dépeint un homme sans pudeur, qui avait des relations sexuelles avec sa compagne sans se préoccuper des enfants présents dans la même pièce. "J’étais gênée. Un enfant n’a pas à voir ça", analyse -t-elle. Son rapport à la sexualité en est devenu compliqué. "Pour moi, le sexe, c’était dégueulasse", explique la jeune femme blonde, cachée derrière de grandes lunettes.  


L'accusée a aussi évoqué une scolarité chaotique - "j’arrivais pas à aller au bout des choses" -, couronnée néanmoins d’un succès : un CAP agro-alimentaire. La même année, elle obtient son permis et accouche de Fiona. Elle a alors 20 ans. "La meilleure année de ma vie", commente-t-elle sans vraiment d’émotion. De sa vie de couple avec Nicolas Chafoulais,  le père de Fiona, qui s’est constitué partie civile, elle dit que "ça se passait bien". "On était jeunes, amoureux.  Ca a dégénéré car la came s’est mise dans notre couple, ça a été destructeur". 

Cécile Bourgeon, qui se définit sans ambages comme une " toxicomane", situe son premier joint "vers 13/14 ans". Un an plus tard, viendront les drogues dures.  Cocaïne, LSD, champignons, héroïne… "un peu tout quoi". Mais pour elle, la "descente aux enfers" débute réellement en 2012. D’une voix basse, elle évoque ce viol dont elle a été victime et "qui a fait basculer sa vie" : "Ca m’a traumatisée, c’était comme si mon corps était souillé,  je me suis sentie salie". L’homme condamné en septembre à 14 ans de prison dans cette affaire a fait appel.  Tout au long de son audition, Cécile Bourgeon a ainsi trouvé les mots pour décrire ce passé lourd, difficile, qui a laissé chez elle ce qu’une psychologue a qualifié de "carence affective massive". 

"On n'a pas voulu tout ça"

Mais les choses se sont compliquées mardi matin pour l’accusée lorsqu’on lui a demandé de parler de sa relation avec Berkane Makhlouf. "Un coup de foudre amoureux",  aujourd’hui éteint sur le banc des accusés. Regard hébété, bouche bée, Berkane Makhlouf, sous traitement médicamenteux lourd, est dans le brouillard. "Quand ont commencé les premiers coups ?", interroge le président. Cécile Bourgeon baisse la tête. "Je saurais pas dire", murmure-t-elle. 


Le président lui rappelle les bleus constatés sur son corps lorsque les policiers l’ont placée en garde à vue en septembre 2013, quatre mois après que le couple a fait croire à l’enlèvement de Fiona. "Il vous frappait régulièrement ?" - "Assez souvent", finit-elle par concéder.  "La relation était chaotique autant pour lui que pour moi (…) On n'a pas voulu, tout ça, c'était un accident…", glisse celle qui a pourtant accusé son ancien compagnon d’avoir asséné les coups mortels à la petite Fiona. Les faits seront abordés à partir demain par la cour. 

"Je veux rejoindre ma fille"

Depuis son incarcération, Cécile Bourgeon qui a "doublé son poids"  en raison des médicaments de substitution, a fait "trois ou quatre tentatives de suicide". "Je veux rejoindre ma fille, elle me manque, je n’ai pas su la protéger", confie-t-elle. Mais lorsque le président l’interroge sur ses sentiments à l’égard de Berkane Makhlouf, trois ans et demi après les faits, la jeune femme élude :  "C’est le père de mon fils". "Mais êtes-vous encore amoureuse de lui ?", insiste le président. Un long silence traverse la salle. "C’est compliqué, c’est difficile, balbutie l'accusée. Je parlais de ça avec la psychiatre, je lui disais que je savais pas quoi penser. Je l’ai aimé très très fort. Ce qui nous a détruits, c’est ce qui s’est passé avec le mensonge et tout ça…"

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