Suicides à France Télécom : un an de prison requis contre l'ancien PDG

Justice

HARCÈLEMENT MORAL - Le parquet a requis vendredi 5 juillet les peines maximales contre France Télécom et ses anciens dirigeants, dix ans après plusieurs suicides de salariés.

Peine maximale demandée pour Didier Lombard. Après deux mois d’audience, le ministère public a requis un an de prison et 15.000 euros d'amende contre l'ancien dirigeant de France Télécom, l'ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès et l'ex-DRH Olivier Barberot. Des peines de un an à huit mois de prison ont également été requises contre six autres dirigeants. 

Selon le parquet de Paris, les anciens dirigeants de France Télécom ont "recherché la déstabilisation des salariés", guidés par "une obsession" : obtenir le départ en trois ans de 22.000 salariés et la mobilité de 10.000 personnes. "Les peines prévues par la loi à l'époque des faits sont très faibles. On ne peut que demander le maximum", a déclaré la procureure Brigitte Pesquié. Le parquet a donc demandé 75.000 euros d'amende contre France Télécom.

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C'est la première fois qu'une entreprise du CAC 40 est jugée pour "harcèlement moral", défini dans le Code pénal comme "des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail". France Télécom, rebaptisé Orange en 2013, était devenu à la fin des années 2000 le symbole de la souffrance au travail. Il y a dix ans, l'entreprise faisait la une des médias alors que plusieurs salariés se suicidaient en laissant des courriers accablants contre leur employeur. Le tribunal a analysé les cas de 39 parties civiles, retenues par les magistrats instructeurs. Parmi elles, 19 se sont suicidées. 

Au coeur du procès, qui s'intéresse à la période 2007 - 2010 : les plans Next et Act, qui visaient à transformer France Télécom en trois ans, avec notamment cet objectif de 22.000 départs et 10.000 mobilités sur un total de 120.000 salariés. Le procès doit s’achever le 11 juillet, après les plaidoiries de la défense.

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