Procès de Jawad Bendaoud : le "logeur de Daech" calme et métamorphosé au premier jour d’audience

JUSTICE – Jawad Bendaoud, accusé d’avoir hébergé des terroristes après les attentats de Paris et de Saint-Denis en 2015, est jugé depuis ce mercredi et jusqu’au 14 février par le tribunal correctionnel de Paris pour "recel de malfaiteurs". Deux autres prévenus comparaissent à ses côtés : Mohamed Soumah poursuivi pour les mêmes faits et lui aussi en détention provisoire et Youssef Aït-Boulahcen, jugé pour "non dénonciation de crime". Pour ce premier jour d’audience, le "logeur de terroriste" a eu un comportement normal, bien loin de celui qu’il avait eu au cours de ses derniers procès, en 2017.

La justice redoutait qu’il ne puisse, en raison du blocage des prisons, être extrait. Avec environ 1 h 30 de retard ce mercredi, le procès de Jawad Bendaoud, jugé pour "recel de malfaiteurs terroristes" s’est tout de même ouvert ce mercredi, peu après 15 heures devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. 


Et le "logeur de terroristes", aux côtés duquel comparaissent deux autres prévenus - Mohamed Soumah, lui aussi en détention provisoire et jugé pour les mêmes faits, et Youssef Aït-Boulahcen, frère d’Hasna Aït-Boulahcen, qui comparait libre et qui est jugé pour non-dénonciation de crime - est apparu très différent de ce qu’il avait pu montrer au cours des dernières audiences où l’on avait pu le voir….

Amaigri et musclé

A son arrivée dans le box vitré de la 16e chambre, Jawad Bendaoud est physiquement métamorphosé. Le grand public connaît le visage de cet homme, tel qu’il a été filmé en novembre 2015, à Saint-Denis, où l’assaut venait d’être donné pour neutraliser des terroristes. Il était alors vêtu d’une doudoune noire, les cheveux courts, gominés, barbes et moustaches bien taillées. Les journalistes l’ont vu depuis, à l’occasion de différentes audiences au cours de l'année 2017. Il avait pris vingtaine de kilos, les cheveux longs et souvent négligés. 


Ce mercredi, au premier jour de ce premier procès en lien avec les attentats de Paris et Saint-Denis, Jawad Bendaoud est vêtu d’une veste et d’un polo blanc. Ses cheveux sont toujours longs mais disciplinés par un catogan. Il a maigri et est désormais beaucoup plus musclé. 


Le prévenu a d’abord, comme le lui demandait la présidente Isabelle Prévost-Desprez et comme le veut l’usage, décliné son identité d'une voix claire et posée : "Jawad Bendaoud, né le 30 août 1986 à Epinay-sur-Seine". Accusé d’avoir hébergé Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh après les attaques, Jawad Bendaoud ne sera pas questionné au premier jour de son procès. Son interrogatoire est prévu d’ici la fin de la semaine.  

Calme en apparence mais des signes de nervosité

Il n’a donc que très peu parlé. Et n'a pas eu d'accès de colère. Pas d’insultes aux gendarmes, comme il avait pu le faire à l’encontre des policiers à son procès à Bobigny le 26 janvier 2017 (il était jugé pour trafic de stupéfiants), pas d’exclusion non plus, comme ça avait été le cas en octobre dernier à Paris, à l’occasion d’une audience de procédure, un calme irréprochable… Mais quelques signes de nervosité.


Ainsi, quand la présidente lit son rapport sur les faits de 2015, il enlève et remet à plusieurs reprises sa veste, comme pris par des bouffées de chaleur, ôte ses lunettes puis les replace sur son nez, s’agite en permanence et tremble, parfois. Il aurait même laissé échapper une discrète larme. 

Des faits requalifiés?

Jawad Bendaoud, 31 ans, a toujours clamé son innocence. Dans une interview à l'AFP, Jawad Bendaoud avait déclaré près de l'immeuble de la rue du Corbillon à Saint-Denis que ces hôtes voulaient "juste de l'eau et faire la prière" et "qu'ils venaient de Belgique". "Je n'étais pas au courant que c'était des terroristes", affirmait ensuite sur BFMTV le jeune homme. "On m'a dit d'héberger deux personnes pendant trois jours. J'ai rendu service", expliquait-il encore. 

Quand la présidente évoque la période du 14 au 18 novembre, Jawad Bendaoud, sans prendre la parole, donne son avis avec des gestes. Il hoche la tête, fait non avec le doigt ou mime un signe pour que la salle prête une oreille attentive à ce qui est lu.  Dans les trois salles, la 16e, mais aussi les deux salles où est retransmis le procès, tout le monde est attentif... 

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Jawad Bendaoud, le "logeur de Daech" en procès

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