Procès Cahuzac : "Je vous supplie de ne pas l'envoyer en prison" demande son avocat

FRAUDE FISCALE - Le procès en appel de Jérôme Cahuzac s’est terminé ce mercredi par la plaidoirie de son avocat Eric Dupond-Moretti. "Je vous supplie de ne pas l'envoyer en prison", a-t-il lancé. La décision est attendue pour le 15 mai.

Jérôme Cahuzac devra attendre trois mois avant de connaître son sort. La cour d'appel de Paris rendra en effet sa décision le 15 mai concernant l'ancien ministre du Budget, condamné en première instance à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment. Une peine de nouveau requise mardi par l'avocat général. "Cahuzac en prison, ce n'est pas une décision de justice", a plaidé dans la matinée son avocat Eric Dupond-Moretti, proposant même "d'alourdir la peine" en augmentant la partie avec sursis mais de ne pas envoyer "en taule" l'ancien chirurgien -une confirmation du jugement de première instance enverrait  obligatoirement Jérôme Cahuzac derrière les barreaux, alors qu'une peine égale ou inférieure à deux ans d'emprisonnement ouvrirait la possibilité d'un aménagement.


"La prison, c'est quand il n'y a aucune autre solution", a martelé l'avocat de Jérôme Cahuzac, demandant aux juges d'appel de se distinguer de la "vindicte" qui cherche à la fois des héros et des boucs émissaires pour "incarner le mal absolu". Il a décrit un homme "prisonnier de son mensonge", qui "n'a pas envie que tout s'écroule". "Aujourd'hui un homme seul, qui vit reclus en Corse et qui a dit son "regret". "Je ne demande pas la lune. Je suggère même d'aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l'envoyer en prison", a-t-il insisté.

Mardi, l'avocat général avait donc requis la "confirmation" de la condamnation de 2016 à trois ans de prison et cinq ans d'inéligibilité contre le ministre menteur qui avait un compte caché à l'étranger. Une faute qui avait "durement rompu l'équilibre social", selon l'accusation, et un scandale qui avait ébranlé le gouvernement de François Hollande et finalement abouti à la création de nouveaux outils contre l'évasion fiscale et la corruption. 


Pourfendeur de la fraude fiscale lorsqu'il était au gouvernement, Jérôme Cahuzac avait menti pendant des mois, à ses proches, aux parlementaires, aux médias sur l’existence d’un compte bancaire caché à l’étanger. Il avait finalement avoué en avril 2013 l'existence d'un compte : 600.000 euros en Suisse, transférés à Singapour en 2009 via des sociétés offshore.

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