Procès : le témoignage poignant du frère du premier militaire tué par Mohammed Merah

TEMOIGNAGE - Le frère du premier militaire tué par Mohammed Merah, en 2012, a raconté à LCI comment il avait vécu la semaine éprouvante d'audience au procès du frère de Mohamed Merah.

Il a quitté la salle en pleurs. Ecoeuré. Naoufal Ibn Ziaten, le frère d’Imad Iban Ziaten, premier militaire tué par Mohammed Merah, assiste depuis les débuts au procès Merah, à la cour d’assises spéciale de Paris. Chaque jour qui passe ravive ses plaies, à ce procès.


Cette semaine,  la mère de la fratrie Merah, Zoulikha Aziri, s'est livrée à une défense acharnée mais souvent invraisemblable, de son fils Abdelkader, n'hésitant pas pour cela à charger Mohamed Merah, l'auteur des tueries de mars 2012, tué par la police. Vêtue d’une djellaba beige, d’un foulard moutarde, elle a témoigné pendant plus de 3 heures. 

Il faut rappeler à cette maman que son enfant a tué des enfantsNaoufal Ibn Ziaten

Le moment a été particulièrement dur pour les familles des victimes, la mère de Mohammed Merah ne se présentant pas de regrets. Devant les caméras, en filant dans les couloirs, elle a tout de même demandé pardon aux victimes. "Je demande pardon aux victimes. Ce qu’il a fait mon fils, ce n’est pas bien, c’est grave", dit-elle. Mais à l'audience, elle n'a eu de cesse de défendre Abdelkader, "qui est normal, qui ne posait pas de problème", chargeant Mohammed présenté comme "un fou". Une position en complète contradiction avec le dossier et les témoignages entendus. Elle a ainsi dépeint l'image idyllique d'un accusé, "gentil à la maison" pratiquant "un islam normal" quand des proches ont décrit sa violence et son prosélytisme salafiste.  Elle même déclarait en 2012, rapportent des témoins, qu'elle était fière de Mohammed parce qu'il "avait mis la France à genoux". 


Cette attitude, additionnée au fait que, depuis le début des audiences, Abdelkader n’a pas émis de regrets, est dur à entendre pour les parties civiles. Calme, mais meurtri, Naoufal Ibn Ziaten raconte. La voix posée, tout en retenue, les mots doux, coupés de longs silences. "Cette maman... Je ne sais même pas si je pourrais employer le terme de "maman"", commence-t-il, avant de se reprendre : "Sa maman m’a mis un deuxième coup de couteau dans la plaie. Il faut rappeler à cette maman que son enfant, il a tué des enfants. Des enfants de la république. Je tiens à le rappeler également, ce sont des soldats de la République. La force de notre armée qui a été abattue."

Cette journée a été vraiment dure. J’ai craquéNaoufal Ibn Ziaten

La position vindicative adoptée par la mère, surtout, l’a heurté. "Ce n’est pas une victime. Elle devrait avoir honte de se positionner en tant que victime", explique-t-il, revenant sur la journée d’audience. "Cette journée a été vraiment dure. J’ai craqué, je suis sorti de la salle. Parce que tout simplement, je ne pouvais pas cautionner qu’elle se positionne en victime. C’est une famille d’assassins."


Naoufal Ibn Ziaten a malgré tout foi en la justice, et en ce procès qui se déroule jusqu’au 9 novembre. "J’espère que la justice fera son travail parce que les jeunes d’aujourd’hui attendent une réponse. Si ces gens-là ressortent demain, les jeunes de France ne croiront plus à la justice. Donc j’attends aujourd’hui  et j’ai confiance en la justice de mon pays, j’espère qu’ils seront condamnés pour les crimes odieux qu’ils ont commis."

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"J'espère qu'ils seront condamnés pour les crimes odieux qu'ils ont commis"

Le procès d'Abdelkader Merah, poursuivi pour complicité des sept assassinats terroristes commis par son frère Mohamed Merah en 2012, se tient à la cour d’Assises de Paris jusqu’à 3 novembre.

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