"Abdelkader me parlait de la préparation à la mort", raconte Theodore C., neveu des frères Merah

"Abdelkader me parlait de la préparation à la mort", raconte Theodore C., neveu des frères Merah
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Le procès Merah

JUSTICE – Le fils d’Abdelghani Merah, donc neveu d’Abdelkader et Mohamed Merah, a témoigné ce mardi après-midi devant la cour d’assises spéciale. Theodore C. (21 ans), a expliqué comment les frères Merah avaient tenté de le convertir. Il s’est par ailleurs dit certain qu’Abdelkader Merah, comme l'affirme sa tante Souad Merah, avaient connaissance des projets terroristes de Mohamed.

Costume sombre, chemise blanche, Theodore C. 21 ans, est venu décrire ce mardi devant la cour ce que lui avaient fait vivre ses oncles, Mohamed et Abdelkader Merah, alors qu’il n’était qu’un enfant. A moins de 3 mètres de l'un d'eux, poursuivi pour complicité dans les actes terroristes commis en mars 2012 par le "tueur au scooter" à Toulouse et Montauban, l’étudiant en classe préparatoire d’écoles de commerce a la gorge nouée et la voix parfois à peine audible. Car quand ses oncles ont tenté de le convertir, il n’était qu’un enfant. Quand Mohamed Merah a été abattu par le Raid, il avait 16 ans…. 

" A mon avis, il aimait la mort"

A la barre, il explique qu’Abdelkader était "l’un des premiers à l’impliquer dans l’islam à travers différents moyens, il évoquait surtout le djihad spirituel". Theodore C. indique que Souad et Mohamed sont arrivés ensuite "dans cet enseignement religieux, enseignement salafiste, radical". 

"Abdelkader me parlait de la préparation à la mort, du paradis, du comportement qu’il fallait avoir envers mes frères, et les kouffars. Ensuite, c'est Mohamed qui a pris le relai (...) il m'en parlait beaucoup plus explicitement", explique encore Theodore C. Le jeune homme avait également déclaré en 2012 qu’Abdelkader Merah avait voulu l’emmener à la morgue, lui expliquant qu’il ne devait ni être choqué, ni avoir peur de la mort. Et que lui-même avait vu des cadavres en Egypte : "Il trouvait ça beau, à mon avis, il aimait la mort ". 

"Vidéos d'éxécutions et de décapitations"

Entre 2007 et 2008, Théodore C. n’a que 11 ans. A partir de cette date et jusqu’à ses 14 ans, il accompagne régulièrement ses oncles ou sa tante Souad à la mosquée. Souad et Mohamed Merah lui donnent des livres que son père Abdelghani jette, selon lui. 

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Mohamed Merah, lui, joue à la Playstation avec son neveu. Puis après quelques parties de Fifa ou Call of Duty, il lui montre des vidéos. "Des vidéos atroces, d’exécutions, de décapitations", dit le témoin. Il se souvient d’une vidéo qui l’a particulièrement choquée : "Une femme enceinte à qui on ouvrait le ventre".

"Un monstre à 3 têtes"

Le président demande à Théodore s'il pense que son oncle Mohamed Merah était un loup solitaire ? 

- "Non, pour moi, y a Kader et Souad." 

Theodore précise que Mohamed Merah n’a pu agir sans un "feu vert". 

- "C’est qui le feu vert ?", lui demande le président. 

- "Pour moi, c’est Corel (l’émir blanc d’Artigat en Ariège, ndlr) puis “Kader” (Abdelkader Merah ndlr), il y avait une hiérarchie". 

- "Ne pensez-vous pas finalement, après avoir été si proche de vos oncles Mohamed et Abdelkader Merah à votre adolescence, que les assassinats atroces de mars 2012, ont été commis par un monstre à deux têtes. Un monstre constitué à la fois du djihadisme doctrinaire d'Abdelkader et du djihadisme armé de Mohamed?", demande Me Korchia à Theodore C.

- "Oui tout à fait, c'était même un monstre à trois têtes, avec Souad Merah que j'inclus dedans", répond le témoin.

"J'ai tout de suite pensé à Mohamed"

Après les attentats de Montauban, comme sa mère Anne C. qui a témoigné mardi matin, Théodore a tout de suite pensé à son oncle Mohamed Merah, qui avait une arme comme le tueur au scooter. En se remorant cette période sombre, le témoin conclut, ému : "Ma mère m’a sauvé". Car c'est grâce à elle, explique encore Théodore  C., qu'il est sorti de cette idéologie mortifère.

 Maître Eric Dupont-Moretti interroge alors le témoin sur le fait que ces “sentiments” ne sont pas des preuves. Il lui reproche d'avoir "placé Abdelkader" comme "penseur" des attentats commis par Mohamed Merah le témoin répond : "Si vous savez que quelqu’un va commettre un attentat et que vous ne faites rien, c’est que vous cautionnez".

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