Procès Merah : dernières plaidoiries et réquisitoire en attendant le verdict

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JUSTICE – Les plaidoiries des avocats des parties civiles doivent se poursuivre ce lundi au procès d'Abdelkader Merah et Fettah Malki. Naïma Rudloff, avocate générale, prononcera ensuite son réquisitoire à l'encontre des deux accusés. Avant les plaidoiries de la défense mardi, et un verdict attendu jeudi 2 novembre.

L'un encourt la réclusion criminelle à perpétuité, l'autre une peine de 20 ans de prison. Ce lundi, après les dernières plaidoiries des avocats de la partie civile, qui avaient débuté jeudi dernier, Naïma Rudloff, avocate générale, devrait prendre la parole en début d'après-midi pour son réquisitoire. 

 

Pour les avocats des parties civiles comme pour l'accusation, la culpabilité ne semble laisser aucune place au doute. Jugé pour complicité dans les sept assassinats commis par son frère en mars 2012 à Toulouse et Montauban et association de malfaiteurs terroristes, Abdelkader Merah, 35 ans, n'a cessé de répéter qu'il ignorait tout des intentions criminelles de son "petit frère Mohamed". L'accusé reconnaît avoir été présent au moment du vol du scooter mais affirme que le délit n'était pas prémédité, en ce qui le concerne en tout cas. 

 

Le deuxième accusé, Fettah Malki, dont c'est l'anniversaire, lundi 30 octobre, est poursuivi pour avoir donné le pistolet mitrailleur Uzi, le gilet pare-balles et les munitions au futur criminel. Lui aussi a toujours dit qu'il ignorait les projets terroristes de Mohamed Merah. Comme son voisin dans le box, il est poursuivi pour associations de malfaiteurs terroristes. 

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Mais face à "l'intime conviction des uns" s'oppose au quotidien le "manque de preuves des autres". Depuis le 2 octobre, date de début du procès devant la cour d'assises spéciale, l'avocat d'Abdelkader Merah, Me Dupond-Moretti n'a cessé de pointer du doigt l'absence d'éléments matériels et réels à charge contre celui qu'il défend. 

 

Abdelkader Merah se dit "musulman orthodoxe". Il ne convainc guère ni représentante du ministère public, ni les représentants des familles, associations et autres parties civiles et encore moins les proches des vctimes pour qui sa radicalité est évidente. Son "endoctrinement religieux", le "contenu djihadiste" dans ses supports électroniques ou informatiques comme ses voyages en Egypte notamment en sont la preuve. 

 

Pour les parties civiles comme  pour l'accusation, Abdelkader Merah a été la "tête pensante" et son frère Mohamed "le bras armé" de ce qui, au final, a constitué un "monstre à deux têtes".

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La charge de la défense

Pas assez pour Me Dupond-Moretti. Le 4 octobre, la défense avait demandé à un policier venu témoigner : "Pourquoi le grand frère de Mohamed est accusé de complicité ?". "On a un faisceau d’indices", avait répondu l’enquêteur. "Un faisceau ? C'est ça les grands éléments d'enquête ?" avait-il ironisé. 

Quelques jours plus tard, le lundi 9 octobre, Me Dupont-Moretti avait lancé au témoin numéro 41 policier anonymisé : "Pour vous (les policiers, ndlr), il faut que les deux frères (Abdelkader et Mohamed) ne fassent qu’un seul. Comme l’autre est mort, tout est suspect s’agissant de lui (Abdelkader)".

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La semaine dernière enfin, le mercredi 25 octobre, c'est le juge d'instruction antiterroriste Christophe Teissier, cité comme témoin par Me Dupond-Moretti, qui a été secoué par la défense, notamment concernant les fameuses preuves contre Abdelkader Merah. 

- "Que savez-vous de ce qu’Abdelkader Merah a dit à son frère Mohamed ?" lui avait demandé l'avocat d'Abdelkader Merah. 

- "Il y a eu des rencontres à des moments particuliers (avant et pendant les attentats). Mais effectivement, on ne sait pas ce qui s’est dit", avait répondu le juge.  

- Me Dupond-Moretti : "Est-ce que vous avez trouvé chez Mohamed des choses transmises par Abdelkader Merah ?

- Le juge Teissier : "Non" 

- Me Dupond-Moretti: "Qu'avez-vous à dire sur l'appartenance d'Abdelkader Merah à Al-Qaïda ?"

- Le juge Teissier : "Ce qui est dans l'ordonnance".

- Me Dupond-Moretti : "Dans votre ordonnance, il n'y a pas un élément pour dire qu'Abdelkader Merah est affilié à Al-Qaïda."

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 "Comme on parle d'un doute raisonnable, on doit parler d'une preuve raisonnable", a déclaré jeudi Me Cohen, qui représente une très grande majorité des 300 parties civiles, au cours de sa plaidoirie. Me Dupont-Moretti plaidera ce mardi, et avancera encore une fois, c'est certain, le manque de preuves matérielles et concrètes contre l'accusé. 

Les juges devront trancher. Le verdict est attendu jeudi 2 novembre après, s'ils souhaitent s'exprimer, les derniers mots des accusés. 

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