Procès Merah : dernière déclaration très laconique d'Abdelkader Merah

JUSTICE – Abdelkader Merah et Fettah Malki ont pris la parole pour la dernière fois, jeudi 2 novembre, avant que la cour d'assises les condamne respectivement à 20 ans et 14 de réclusion criminelle. Fettah Malki a assuré qu'il ignorait les intentions criminelles de Mohamed Merah et s'est longuement dit "désolé" pour les familles. Abdelkader Merah lui a juste déclaré qu'il n'avait "rien à voir avec les assassinats commis par son frère."

Encore une fois, la salle Voltaire était comble, ce jeudi matin. L'audience, pourtant, a duré moins de 10 minutes, mais des minutes importantes au cours desquelles les accusés ont pu prendre la parole pour la dernière fois avant que la cour ne se retire pour délibérer. 


-       Monsieur Malki, vous pouvez vous lever s'il vous plait ? demande le président


L'accusé, en survêtement Adidas, se lève.


-       Monsieur Malki, avez-vous, s'il vous plait, quelque chose à ajouter pour votre défense ?


De son accent toulousain, celui qui est accusé d'avoir équipé Mohamed Merah et encourt 20 ans de réclusion prend la parole :

-       Je voudrais dire aux familles des victimes que j’ai entendu leur désolation. Je communie, je compatis avec leur douleur. Pendant ces 5 semaines de procès, leurs témoignages m'ont ému, m'ont touché. Je voudrais leur dire que je suis navré de ce qui leur est arrivé, je suis désolé de ce que j'ai pu faire. Je l’ai pas fait pour leur faire du mal. 

A aucun moment, à aucun instant, je n'ai pu penser, je n'ai pu imaginer que Mohamed allait commettre de telles atrocités. Je m’en voudrai tout le temps, jusqu'à la fin de mes jours de ce que j'ai pu commettre. 

A aucun moment et pour tout l'or du monde, je n'aurais pu le faireFettah Malki

Puis, s'adressant aux proches des victimes :


-       Je voudrais leur dire que je n'ai jamais voulu participer à de tels actes. A aucun moment et pour tout l’or du monde, je n’aurais pu le faire. Ce qui s'est passé, c'est un truc qui m'a horrifié. Je n'arrive pas à trouver mes mots. Il y a eu des morts, des enfants qui ont perdu la vie. Parfois, quand je pense à toutes ces victimes…

Ça fait 5 ans que j'en souffre, et j'en souffre énormément, et au plus profond de moi.  On a pu dire que je n'ai pas d’émotions, mais au fond de moi, mon coeur pleure, il pleure les victimes, leurs familles. J'ai été traité comme un terroriste,  j'ai été traité comme un tueur d'enfants, et ça, monsieur le président, je ne peux pas l'accepter. Je voudrais leur dire que j'ai compris leur colère. Je leur demande pardon et ce pardon est sincère, et j’espère qu’ils me pardonneront, monsieur le président.

-       Merci Monsieur Malki, asseyez-vous, dit le président à l'accusé. 

Abdelkader Merah, contesté jusque dans ses derniers mots

 Au tour du frère de Mohamed Merah, chemise blanche et fort accent lui aussi, accusé de complicité avec le tueur au scooter et contre qui a été requis la prison a perpétuité :


-       Abdelkader Merah, pouvez-vous vous lever ?  Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ?

-       Oui, monsieur le président. Je le dis et je le redis : je n'ai rien à voir avec les assassinats commis par mon frère.


Une partie civile dans la salle réagit : "C'est pas vrai !"


De quoi faire réagir le président, qui n'apprécie pas l'intervention : 

- S'il-vous-plait ! 


Et de se tourner vers Abdelkader Merah : 


-       C'est tout ce que vous avez à dire ? 

-       Oui, répond l'accusé qui se rassoit dans le box. 

 

Les débats sont terminés. La cour devra maintenant répondre aux 82 questions posées. Le président conclut : 

 

-       Gardes, faites retirer les accusés de la salle d'audience. L'audience est suspendue.

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