Procès Merah : "Les douleurs insupportables" de Loïc Liber, seul militaire qui a survécu aux attentats

Procès Merah : "Les douleurs insupportables" de Loïc Liber, seul militaire qui a survécu aux attentats
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JUSTICE- Grièvement blessé par Mohamed Merah le 15 mars 2012 à Montauban, Loïc Liber, a survécu mais garde aujourd’hui de graves séquelles. Le militaire a été entendu ce mercredi en audioconférence, dans le cadre du procès d’Abdelkader Merah et Fettah Malki.

Le 15 mars 2012, vers 14 heures, Loïc Liber, 27 ans, se trouvait avec Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 23 ans. Les trois militaires du 17e régiment du Génie parachutiste de Montauban s’apprêtaient alors à retirer de l’argent au distributeur automatique quand Mohamed Merah leur a tiré dessus. 

Deux d’entre eux n’ont pas survécu. Loïc Liber a été le seul rescapé de cette tuerie perpétrée en plein jour sous l’œil de plusieurs témoins. Grièvement blessé, le militaire âgé aujourd’hui de 33 ans est depuis à l’hôpital. C’est depuis sa chambre qu’il a été entendu ce mercredi dans le cadre du procès d’Abdelkader Merah et Fettah Malki. Son témoignage devait être en visioconférence, mais le militaire, tétraplégique, a préféré ne témoigner qu’en audioconférence. 

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"Tout s’est passé très rapidement"

Loïc Liber a été touché par une balle au niveau des cervicales. Un médecin a évalué sa douleur à 7 sur une échelle de 7. "Actuellement, je ne respire plus seul, je parle doucement pour ne pas perdre mon souffle", déclare le militaire qui souffre notamment de douleurs au niveau de la clavicule, de la nuque, des membres supérieurs.

De ce 15 mars 2012, il dit n’avoir que "très peu de souvenirs" car "tout s’est passé très rapidement". "A mon réveil, il me semblait que c'était un cauchemar. Puis Monsieur Sarkozy est venu me voir. Quand je l’ai vu, je me suis rendu compte que c'était réel". 

Il continue à se livrer : "Cela fait cinq ans que j’ai perdu mon indépendance, cinq ans que je vis caché, cinq ans que je suis éloigné de ma famille, mes amis, mon île, je ne peux me déplacer ni même me présenter face à la cour. Ma vie est devenu un combat. Dès le réveil,  je dois prendre une forte dose de médicaments pour diminuer ma douleur physique". Sa douleur psychologique est tout aussi forte. 

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"Plus serein" si justice est faite

Aujourd’hui, le militaire dit souffrir "du regard des autres". "Un handicap, ça change le corps humain. Il suffit d'une balle." Il se souvient de ses copains, des moments où il rigolait avec eux. "Etre dans un lit ou un fauteuil électrique, c'est terrible pour moi […] Mon seul souhait, c'est de pouvoir sortir un jour de l'hôpital et rejoindre mon chez-moi". 

Il ajoute : "Ce procès, ça ne va rien changer à mon état de santé, il ne me rendra pas mon corps, ma vie, ni celle de mes parents. Mais je serai plus serein en me disant que justice a été faite et que les crimes dans notre pays ne restent pas impunis". Pour Loic, qui l'a réaffirmé ce mercredi, la culpabilité des deux accusés aujourd’hui dans le box ne laisse guère de place au doute. 

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