VIDÉO - Procès Sarkozy : que contiennent les fameuses écoutes ?

C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un ancien président se présente à la barre. A compter de ce lundi s’ouvre le procès de Nicolas Sarkozy, dans l’affaire dite des " écoutes". Mais de qu

JUSTICE - Sans précédent dans l'histoire de la Ve République, le procès de Nicolas Sarkozy s'ouvre ce lundi dans l'affaire des écoutes. L'ancien chef de l'État comparaît notamment aux côtés de son avocat, Me Thierry Herzog.

Nicolas Sarkozy comparaît devant la justice dans l'affaire des "écoutes". L'ancien président de la République est attendu au tribunal correctionnel de Paris ce lundi aux côtés de son avocat Me Thierry Herzog et de l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert. Un procès sans précédent sous la Ve République.

L'affaire des "écoutes" - également appelée affaire "Bismuth" - trouve son origine dans un autre dossier judiciaire qui menace Nicolas Sarkozy : les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 qui lui valent une quadruple mise en examen. Dans ce dossier, les juges avaient décidé en septembre 2013 de placer l'ancien président sur écoute et découvert, début 2014, qu'il utilisait une ligne secrète, sous l'alias "Paul Bismuth", pour communiquer avec Thierry Herzog.

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Affaire des "écoutes" : Nicolas Sarkozy au tribunal pour corruption

Une enquête contestée du PNF risque aussi d'enflammer les débats : classée sans suite en 2019 près de six ans après son ouverture, elle visait à  identifier une éventuelle "taupe" qui aurait informé Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog que leur ligne "Bismuth" était "branchée". Dans ce cadre, les magistrats ont fait éplucher les relevés téléphoniques ("fadettes") de ténors du barreau, dont plusieurs assureront la défense des  prévenus au procès. Que contiennent les écoutes ?

La "ligne Bismuth"

Le 30 janvier 2014, sur sa ligne non officielle dite "Bismuth", Me Herzog  explique à Nicolas Sarkozy la position du parquet général de la Cour de cassation, qui s'annonce favorable à une annulation de la saisie des agendas de l'ex-chef de l'État dans le dossier Bettencourt, instruit à Bordeaux et dans lequel il a obtenu un non-lieu. L'avocat rapporte un échange qu'il a eu avec "Gilbert", magistrat à la Cour mais qui n'intervient pas dans ce dossier. Il indique que ce dernier "a eu accès" à un autre document, pourtant confidentiel : "l'avis" du conseiller rapporteur. Les juges bordelais pourraient ainsi devoir expurger le dossier des  références aux agendas : "Ce sera du boulot pour ces bâtards de Bordeaux."

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Le 1er février, Nicolas Sarkozy appelle son avocat sur la "ligne Bismuth" pour lui demander de répondre sur son téléphone officiel, qu'ils pensent écouté. Ils se mettent d'accord sur les propos qu'ils vont tenir en faisant référence aux "juges qui écoutent"

 

Le 5 février, Me Herzog réitère l'optimisme de Gilbert Azibert, qui devait rencontrer un autre magistrat de la Cour "pour bien lui expliquer ce qu'il faudrait". "Moi, je le fais monter", dit Nicolas Sarkozy. Son avocat évoque l'intérêt  du magistrat pour un poste au Conseil d'Etat à Monaco. "Je l'aiderai", insiste l'ex-président. Selon Me Herzog, Gilbert Azibert lui aurait dit qu'il n'osait pas demander "un coup de pouce". "Je lui ai dit : 'Tu rigoles avec ce que tu  fais...'"

Nicolas Sarkozy clame son innocence

Le 23 février, alors que l'ex-président doit se rendre dans la Principauté, Me Herzog lui rappelle "de dire un mot pour Gilbert" s'il a "l'occasion". Nicolas Sarkozy acquiesce. Il est dans les favoris mais "si tu donnes un coup de main, ce sera toujours mieux", dit le lendemain l'avocat. Nicolas Sarkozy déclare qu'il fera "la démarche" dans les deux jours.

 

Le 25 février, Nicolas Sarkozy répète qu'il fera "la démarche". Le jour suivant, pourtant, il assure sur sa ligne officielle qu'il n'a finalement pas parlé du magistrat au ministre d'État du "Rocher" : "Ça m'embête de demander quelque chose alors que je connais pas très bien". Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que les deux hommes viennent d'apprendre que leurs téléphones non officiels sont aussi sur écoute, thèse que Nicolas Sarkozy réfute.

Le 3 mars, lors d'un appel entre Me Herzog et Gilbert Azibert, l'avocat annonce que "la démarche à Monaco a été faite". "Je te raconterai de vive voix" la "dernière péripétie", ajoute-t-il. "On a été obligés de dire certaines choses au téléphone", poursuit-il, "parce qu'on a appris certaines choses".

Le procès doit durer jusqu'au 10 décembre, mais est chamboulé par la pandémie de coronavirus et pourrait être renvoyé à la demande de Gilbert Azibert, 73 ans, pour raisons médicales. Nicolas Sarkozy n'a eu cesse de dénoncer une instrumentalisation politique de la justice et a, sans succès, multiplié les recours au motif que la retranscription d'échanges entre un avocat et son client serait illégale. La Cour de cassation lui a donné tort en mars 2016 mais cette question sera à nouveau âprement discutée dès le début du procès. 

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