"Que son âme les hante jour et nuit !" La mère de Sophie Lionnet s'exprime avant le procès des employeurs de sa fille

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TÉMOIGNAGE - Elle porte autour du cou la bague de sa fille. Le seul objet que Scotland Yard a bien voulu lui restituer. Car pour le moment, le corps de Sophie Lionnet ne peut pas être rapatrié en France. Pas avant la fin du procès des meurtriers présumés de la jeune fille au pair, qui s’ouvre lundi 19 mars à Londres. Un sujet auquel LCI consacre d'ailleurs une émission, dimanche 18 mars à 20h.

Le 20 septembre dernier, les policiers découvraient le corps calciné de Sophie, 21 ans, dans le jardin de ses employeurs français, Sabrina Kouider et Ouissem Medouni, dans le sud de Londres. Elle travaillait chez eux depuis janvier 2016. Un crime dont on ne sait rien. Ils reconnaissent avoir brûlé son corps mais pas l’avoir tuée. Les circonstances du décès de Sophie restent floues.


Catherine Devallonné, la mère de Sophie Lionnet, nous a reçus chez elle, à Paron, dans l’Yonne. "La seule chose qui me reste de Sophie, c’est cette bague. Je n’ai que ça pour l’instant. Quand elle sera rapatriée, je pourrai aller au cimetière mais là, rien". Catherine Davallonné nous parle de sa fille. Au présent : "Une  jeune fille très douce, sociable, qui aime la vie. Elle a la joie de vivre. Elle a tout pour vivre. C’est une fille qui n’aurait pas fait de mal à une mouche tellement elle était gentille". Sophie a une sœur et un petit frère de 7 ans et demi. "Il n’arrête pas de me dire : 'Maman, je veux que les policiers mettent ces deux personnes en prison. Pourquoi ils ont fait ça à ma sœur ? Pourquoi ils ont lui enlevé la vie ?' C’est un petit garçon qui aime sa sœur et qui ne comprend pas pourquoi on fait des choses comme ça."

J’ai senti à un moment donné que ça n’allait plus trop. Une fois, elle m’a appelée pour me dire qu’elle s’était fâchée avec sa patronneCatherine Devallonné, mère de Sophie Lionnet

Elle-même appréhende le procès. Et se montre en même temps impatiente. "Je veux les avoir en face de moi. Je veux pouvoir les regarder au maximum  et leur dire combien j’ai la haine envers eux, combien je les déteste. Il faut que justice soit faite. Qu’ils aillent en prison et que l’âme de Sophie les hante jour et nuit jusqu’à leur mort. Je n’ai pas demandé que ma fille soit tuée par des gens ignobles, monstrueux. Tout ce que je demandais, c’est qu’elle revienne en France. Même si ça n’allait pas, ils auraient dû la faire revenir".


Car Catherine Devallonné, qui témoignera au procès et ne peut, à ce titre, s’exprimer sur le fond de l’affaire, confirme néanmoins que les relations entre Sophie et ses "patrons" s’étaient tendues avant sa mort. "J’ai senti à un moment donné que ça n’allait plus trop. Une fois, elle m’a appelée pour me dire qu’elle s’était fâchée avec sa patronne. Je n’ai pas trouvé ça trop alarmant. Mais à plusieurs reprises, j’ai quand même eu l’occasion de dire à sa patronne : 'Faites-la rentrer si ça ne va pas !'. Et elle aurait dû le faire plutôt que d’en arriver là". La presse britannique relate que Sophie Lionnet était maltraitée, son alimentation contrôlée et son téléphone confisqué. Le procès de Sabrina Kouider et Ouissem Medouni devrait durer six semaines. Le couple encourt la réclusion à perpétuité.

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