Voiture de police incendiée : des "conditions déplorables", des cris et une audience suspendue

Justice

JUSTICE – Neuf personnes devaient être jugées à partir de ce mardi, et jusqu'à vendredi, pour violences et dégradations aggravées après l'attaque, le 18 mai 2016, d'une voiture de police dans laquelle se trouvaient deux gardiens de la paix. Après de multiples incidents, l'audience a été finalement suspendue. Elle reprendra mercredi à 13 h 30… dans une autre salle du tribunal correctionnel de Paris.

Certains étaient venus dès le matin. "Je sais que l'audience n'est qu'à 13 h 30. Mais moi, je suis là depuis 10 heures. Je savais qu'il y aurait du monde, alors je suis venue tôt. Pas question pour moi de ne pas assister au procès", nous indiquait en début d'après-midi une femme venue soutenir les prévenus.  Elle, comme beaucoup d'autres, n'ont finalement pas pu rentrer dans la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris. 

C'est là que devait se tenir à partir de ce mardi, et jusqu'à vendredi, le procès de neuf personnes, dont deux détenues, et l'une absente, jugées pour violences et dégradations aggravées après l'attaque d'une voiture de police le 18 mai 2016. Le procès a finalement été suspendu, et reprendra demain, mercredi, à la 16-1 chambre du tribunal correctionnel, ce, après une série d'incidents…

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"Une grande salle ! Une grande salle !"

La grogne s'est en effet très vite fait sentir après que le public a réalisé que de nombreuses personnes ne pourraient pénétrer dans la salle pour soutenir les prévenus. "Une grande salle ! Une grande salle !", ont crié inlassablement ceux qui n'ont pas pu entrer, tandis qu'à peine un quart du public avait pu rentrer dans la salle d'audience. D'autres ont ajouté : "De la place pour tous ou pas de procès du tout". 

Premier à prendre la parole sur le sujet Me Henri Leclerc a relevé que les avocats ne pouvaient "même pas s'asseoir". Le ténor du barreau a pointé du doigt "des conditions qui ne sont pas dignes de ce qu'est la justice" et affirmé : "La défense est maltraitée". "Je constate que le parquet a de la place !", a ironisé son confrère Me Assous,. 

Le bâtonnier, au cours d'une première suspension, suggère alors des rotations pour le public et les journalistes afin que tout le monde puisse assister à l'audience. "Qui choisit alors qui rentre et sort ? Les gendarmes", a ironisé alors Me Assous. Et d'ajouter : "Pour que le débat soir serein, il faut que le public et les journalistes puissent rentrer", a-t-il ajouté. La presse n'ayant réussi à obtenir qu'une quinzaine de places. 

Le procès déménage

Après deux suspensions, malgré l'ajout d'une quinzaine de chaises dans la salle pour les journalistes et les avocats, et face aux sifflements et hurlements du public resté dehors, le tribunal a finalement décidé de suspendre l'audience. Elle reprendra mercredi à 13 h 30, dans une salle un peu plus grande, la 16-1. Mais où, c'est certain, tout le monde encore une fois ne rentrera pas...

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Pour les avocats de la défense, c'est une satisfaction. "Les conditions d'aujourd'hui étaient inacceptables. Les avocats ne pouvaient pas accéder à leur dossier, ils n'avaient pas de chaises pour s'asseoir. Ils ne pouvaient pas s'entretenir avec leur client pendant l'audience, alors que c'est quand même l'exercice minimum pour les avocats de la défense, a rappelé Me Antoine Vey. Inacceptables, aussi, parce que le public ne pouvait pas pénétrer et parmi le public les journalistes qui contribuent à un débat démocratique, débat qui est absolument fondamental dans cette affaire. Malheureusement, le parquet a voulu audiencer ce dossier très rapidement… Ce, sans prévoir les facilités nécessaires pour le bon déroulement du procès"". 

"Les événements de ce jour montrent une fois de plus qu'il n'y a aucune sérénité dans ce dossier, a regretté pour sa part Me Assous. Il y a une pression qui est extrêmement forte. On ne peut pas travailler normalement. Espérons que demain, les conditions seront réunies pour que l'audience puisse se tenir normalement…"

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