Profanation du cimetière juif de Sarre-Union : cinq jeunes devant la justice

Profanation du cimetière juif de Sarre-Union : cinq jeunes devant la justice

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JUSTICE - Cinq jeunes hommes comparaissent devant le tribunal pour enfants de Saverne ce jeudi pour avoir profané le cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin) en février 2015. Des dégradations qui avaient provoqué une vive émotion.

La profanation du cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin) en 2015 avait provoqué une vague d’émotion et d’indignation dans le pays. Deux ans après, les cinq auteurs présumés vont être jugés devant le tribunal pour enfants de Saverne. Un procès qui se tiendra à huis clos, les prévenus étant âgés de 15 à 17 ans au moment des faits. 


Le 15 février 2015, c’est une habitante de la commune alsacienne qui avait découvert l’ampleur du saccage : 250 sépultures brisées ou renversées, un monument aux victimes de la Shoah dégradé… Quelques semaines seulement après l’attaque de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, cette profanation de grande ampleur avait ému jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Le président François Hollande avait participé sur place à une cérémonie de recueillement, et souligné à cette occasion que "profaner, c'est insulter toutes les religions". Et avait promis aux juifs de France que la République les défendrait "de toutes ses forces".

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Incompréhension

Rapidement, l’enquête de gendarmerie avait permis l’arrestation de cinq jeunes. Malgré leurs dénégations, le parquet avait retenu le caractère antisémite de leur acte. "Ils continuent d'affirmer qu'ils ne se sont pas sentis antisémites", mais leur comportement a montré qu'un "fond d'antisémitisme était à l'œuvre": les adolescents ont décrit des "gestes et paroles révélatrices", comme des "saluts nazis", des crachats sur des étoiles de David, ou encore des insultes antisémites comme "sales juifs" ou "sale race", avait alors déclaré le procureur de Saverne, Philippe Vannier.


Selon lui, tout était "parti d'un jeu, jeu qui a dérapé", et a déclenché une "sorte de frénésie collective". L'émotion s’était mêlée à l’incompréhension à Sarre-Union, plusieurs des jeunes interpellés étant scolarisés dans le lycée de la ville. "Certains parents ont manifesté en présence des gendarmes une réprobation très forte à l'égard" de l'acte de leurs enfants, avait indiqué le procureur. Actes qu’ils devront désormais expliquer devant la justice. Ils risquent jusqu’à 7 ans de prison. 

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