Propos de Valls sur les Roms, "à l’origine de problèmes" : une association saisit la Cour européenne des droits de l’Homme

Justice
JUSTICE - Trois ans après les plaintes déposées par des associations contre Manuel Valls pour des propos tenus à l’égard de cette communauté, l’une d’elle, La Voix des Roms, relance l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

L’association de défense des Roms poursuit son action. Après avoir tenté de poursuivre, sans résultat, l’ancien ministre de l’Intérieur devant le tribunal correctionnel de Paris pour des propos tenus en 2013 sur cette communauté, l’association La Voix des Roms vient de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour ces mêmes déclarations. 


L’affaire remonte à l’époque où Manuel Valls était ministre de l’Intérieur, sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. L’actuel candidat à la primaire de la gauche avait notamment déclaré que les Roms "sont à l’origine de problèmes qui prennent parfois des formes inquiétantes", évoquant notamment la "délinquance". Ce dernier avait notamment déclaré que pour  "des raisons culturelles", seule "une minorité" d’entre-deux souhaite "s’intégrer". Avant d'ajouter : "les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie".

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"Son droit à un procès équitable a été bafoué"

Outre La Voix des Roms, l’association de lutte contre le racisme, le Mrap, avait déposé plainte de son côté pour "provocation à la haine raciale" devant, cette fois, la Cour de justice de la République (CJR). Une plainte classée également sans suite par la juridiction à même de juger des délits communs par des ministres dans l’exercice de leurs fonctions. 


Pour La Voix des Roms, "son droit à un procès équitable a été bafoué", explique son avocat, Me Henri Braun, cité par Le Parisien. "Cela signifie qu’un ministre, en France, peut exprimer n’importe quelles horreurs sur les Roms ou sur une autre population sans qu’aucun recours de droit ne soit possible !", s'insurge l’avocat. L’association espère en outre que sa démarche incitera à la réflexion sur "un changement du statut pénal des ministres" et "à une plus grande égalité de tous devant la justice". 

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