Quatre mois avec sursis à l'encontre de l'étudiant qui appelait à une "purge" des policiers

Quatre mois avec sursis à l'encontre de l'étudiant qui appelait à une "purge" des policiers

Justice
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À LA BARRE - En octobre, un étudiant de Grenoble de 19 ans avait appelé à une "purge" des policiers sur les réseaux sociaux le soir d'Halloween. Le vice-procureur de Montpellier a requis ce mercredi une peine de quatre mois avec sursis ainsi que des travaux généraux à son encontre. Le jeune homme évoque de son côté "une mauvaise blague".

"Je voulais être connu pour mon travail, pas pour cette mauvaise blague", a tenté de justifier l'étudiant de 19 ans qui avait appelé sur les réseaux sociaux à une "purge" des policiers le soir d'Halloween. "Je savais que j'allais gagner des abonnés mais de là à impacter le public, je ne pensais pas du tout", a assuré ce créateur de web-séries, courts-métrages et clips musicaux  diffusés sur internet.


Pour le vice-procureur de Montpellier, "on peut rire de tout mais c'est une éternelle question : tout dépend avec qui. Quand on veut rire de tout et avec tout le monde sur les réseaux sociaux, on ne connaît pas ses interlocuteurs et quand on n'a pas de filtre, de modérateur, on tombe sous le coup de la loi", a-t-il rappelé. Cet appel n'était autre qu'un "appel explicite et évident à la commission de violences en réunion", a considéré Boris Duffau dans son réquisitoire. Ce mercredi, il a requis quatre mois de prison avec sursis à l'encontre du jeune homme, ainsi que des travaux d'intérêt général.

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Appel à la purge pour Halloween - "C'est un appel au meurtre", dénonçait la déléguée Unité SGP Police-FO

Après une soirée étudiante où il avait fait sensation dans un costume rappelant le film de James DeMonaco "American nightmare : la purge" - un film dans lequel les citoyens ont l'autorisation pendant une nuit de régler leurs comptes -, le jeune homme avait publié le 26 octobre sur les réseaux sociaux un appel à la "purge" des policiers. Le message était devenu viral, dépassant de loin ses attentes. Face à ce raz-de-marée, l'étudiant en licence éco-gestion en était même venu à publier trois jours plus tard un démenti et avait contacté lui même la police.

Mauvaise blague pour initiés ou appel au massacre ?

Dans la foulée, plusieurs syndicats de police avaient dénoncé un appel au meurtre, à l'image du syndicat Unité SGP Police-FO. Le gouvernement avait eu la même lecture : le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait annoncé le dépôt d'une plainte estimant qu'"appeler à la 'purge' contre nos policiers, c'est appeler au meurtre".


"Qu'il ait voulu flatter son égo, son narcissisme, sans doute, mais qu'il ait appelé à la violence, non", a plaidé l'avocat de l'étudiant. Me Ronald Gallo a demandé de son côté la relaxe pour son client, poursuivi pour "provocation non suivie d'effet au crime ou au délit par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique".  "Ces règles sont issues nettement d'un film, c'est ce réalisateur qu'il faut poursuivre Madame la Présidente !", a-t-il ajouté, soulignant que son client s'adressait "à ses abonnés, à ceux qui savent" à quoi il était fait référence.


Alors mauvaise blague pour initiés ou appel au massacre ? Réponse attendue le 10 décembre prochain, date du jugement.

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