Qui est Alexandre Djouhri, ce proche de Nicolas Sarkozy au coeur de l'enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne ?

Justice

PORTRAIT - La justice britannique a ordonné mardi 26 février l'extradition de l'homme d'affaires français Alexandre Djouhri dans le cadre de l'enquête sur un possible financement libyen de la campagne électorale de l'ex-président français Nicolas Sarkozy en 2007.

Le tribunal londonien de Westminster a ordonné mardi 26 février l'extradition vers la France d'Alexandre Djouhri, protagoniste clé de l'enquête française sur le financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. "J'ai ordonné votre extradition vers la France", a déclaré le juge britannique, ajoutant que l'homme d'affaires disposait de sept jours pour faire appel avant que l'ordre d'extradition ne soit exécuté. Alexandre Djouhri a immédiatement annoncé que telle était son intention.

   

Cet intermédiaire financier d'origine algérienne, familier des réseaux de la droite française, est soupçonné d’avoir perçu des fonds libyens, 10 millions d’euros au total, en vendant cinq fois son prix une villa à Bachir Saleh, l'ancien grand argentier du régime de Kadhafi. Les deux hommes n'ont pas répondu à une convocation des enquêteurs de l'Office anti-corruption de la police judiciaire, le 7 septembre 2016. Dans une interiew exclusive diffusée le 19 mars sur LCI, Alexandre Djouhri dément ces accusations.

L'homme aujourd'hui âgé de 60 ans avait été arrêté en janvier 2018 à l'aéroport londonien d'Heathrow, en provenance de Genève, en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française, notamment pour "détournements de fonds publics" et "corruption". Relâché après paiement d'une caution d'1,13 millions d'euros, Alexandre Djouhri avait été à nouveau placé en détention avant une nouvelle libération pour soucis de santé. Dès lors, il avait obligation de rester chez lui entre 2h et 6h et se présenter à un poste de police entre 12h et 16h, sans pouvoir quitter les arrondissements de Kensington, Chelsea et Westminster, où il réside. 

Né à Saint-Denis, élevé à Sarcelles

"Il est né dans une banlieue pauvre et il est devenu riche", avait résumé l'ancien ministre Claude Guéant, autre proche de l'homme d'affaires. Et pour cause, ce dernier est né à Saint-Denis et a été élevé à Sarcelles. Avant d'atteindre les hautes sphères de l'État, Alexandre Djouhri, "Ahmed" de son vrai prénom, a côtoyé les caïds. 

Il est à plusieurs reprises soupçonné par la police d'être impliqué dans des règlements de compte, sans que cela n'ait été vraiment prouvé. C'est notamment le cas le 4 avril 1986, lorsqu'il s'est retrouvé être la cible d'une fusillade.  

Devenu proche de Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy

L'homme va entamer un virage radical en se liant aux milieux de la Françafrique. Résultat, il se met à côtoyer des personnalités politiques françaises, sous l'ère chiraquienne, dont Dominique de Villepin. Il se lie un peu plus tard à Claude Guéant, proche de Nicolas Sarkozy, et de celui qui deviendra président de la République. 

Les enquêteurs se penchent sur son profil après l'interception d'une série de conversations au cours desquelles l'homme d'affaires promet de faire parvenir aux juges une lettre dans laquelle Bachir Saleh démentirait un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. On ignore encore si la démarche a abouti. 

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