Redoine Faïd incarcéré à Vendin-le-Vieil, l'une des prisons les plus sécurisées de France

Justice
ENFERMEMENT - Après trois mois de cavale, Redoine Faïd est de nouveau derrière les barreaux. L’as de l’évasion a passé la nuit au centre pénitentiaire de Vendin-le-Viel, une prison de très haute sécurité plutôt habitué aux terroristes qu’aux braqueurs.

Il est arrivé dans la nuit, peu après minuit, à la prison de Vendin-le-Viel (Pas-de-Calais). Dans cette prison ultra-sécurisée, le roi de l’évasion aura bien des difficultés s’il souhaite à nouveau mettre les voiles, car c’est ici que sont conduits les détenus les plus difficiles et les plus violents. 


Redoine Faid connait déjà les locaux. Selon France Bleu Nord, le braqueur multirécidiviste y a déjà été incarcéré en début d’année, avant son transfert à la prison de Réau (Seine-et-Marne), sans préciser s’il "logeait" dans la maison centrale - réservée aux détenus dangereux - ou au centre de détention.

Le centre pénitentiaire a ouvert ses portes il y a maintenant trois ans. Au 1er janvier, la centrale ne comptait que 94 détenus pour 203 places au total, selon l’Observatoire International des Prisons (OIP). Bien loin donc des prisons surpeuplées que l’on connait habituellement en France. A cette même époque, l’un des surveillants - Grégory Strzempek, délégué local de l'Ufap – confiait à L'Obs : "Pour s'en évader, il faut tuer."

Salah Abdeslam y a séjourné

Il expliquait également le fonctionnement de cet établissement, une "gestion porte fermée" : les détenus n’ont pas le droit de sortir de leur cellule à leur guise, pour toute activité comme aller à la salle de musculation, ils doivent respecter un certain créneau horaire, prévenir et attendre qu’un gardien les accompagne. A l'ouverture de la prison, les gardiens ont même suivi une formation spécifique de cinq semaines pour s'adapter au travail en milieu ultra-sécurisé.


En toute logique, des détenus tristement célèbres pour leur violence y ont été accueillis. En février, Salah Abdeslam, seul survivant des attentats du 13 novembre, y a séjourné le temps de son procès en Belgique, dans une cellule équipé de vidéosurveillance. L'établissement a également accueilli le terroriste islamiste Lionel Dumont, à la tête du gang de Roubaix. 


Depuis le mois de mai, la centrale abrite également un quartier d’évaluation pour les détenus radicalisés ou soupçonnés de radicalisation. Pendant 17 semaines, des professionnels y jugent leur niveau de dangerosité et de prosélytisme.


Redoine Faïd n'a clairement pas le même profil. Cette figure du grand banditisme devrait être isolé et ne jamais croiser d'autres détenus, comme c'était déjà la volonté dans la prison de Réau de laquelle il s'est pourtant échappé.

Une violence qui reste prépondérante

Si toutes ces précautions rendent une évasion impensable, le haut degré de violence n'empêche pas les incidents. En seulement trois ans, la centrale a ainsi connu deux prises d'otage, une tentative d'évasion, un meurtre et une agression de surveillants. 


En septembre 2015, un détenu avait pris en otage le directeur adjoint de la prison. A peine un an plus tard, deux détenus retenait un surveillant pénitentiaire. En 2017, un des prisonniers - voulant à tout prix changer d'établissement - a étranglé un autre détenu dans sa cellule. 


En janvier 2018, Christian Ganczarski - un des "anciens" d'Al-Qaida - blessaient plusieurs surveillants en criant "Allah akbar". Ce dernier incident avait mis le feu aux poudres, au point que la ministre de la Justice avait dû se rendre sur place pour tenter de calmer la colère du personnel pénitentiaire.

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