Rennes : 30 ans de prison pour le viol d'une fillette que ses parents voulaient faire taire

Justice

JUSTICE - La cour d'assises d'Ille-et-Vilaine a condamné, vendredi 6 juillet à l'issue d'une semaine de débats, le violeur d'une fillette à trente ans de réclusion criminelle. Les parents de la jeune fille, désormais âgée de 20 ans, ont quant à eux été condamnés pour subornation de témoin : ils avaient fait pression auprès de leur fille pour qu'elle se taise.

Un véritable "calvaire". Le violeur de K., 20 ans, a été condamné vendredi 6 juillet à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine. Roland Blaudey, 65 ans, était poursuivi pour des agressions sexuelles et des viols d'une fillette au domicile de ses parents, eux-mêmes condamnés pour subornation de témoin. 

Anne-Marie Jambu, mère de la victime, a été condamnée pour subornation de témoin à deux ans de prison avec sursis, assortie d'une obligation de soins. Le père, René Jambu, à trois ans de prison dont six mois ferme. A partir de 2002, les parents de K. avaient hébergé Roland Blaudy, connaissant pourtant ses antécédents d'attentats à la pudeur sur mineurs. D'ailleurs, Roland Blaudy a en effet déjà été condamné en 2007 pour viols de mineurs, dont sa propre fille, une condamnation pour laquelle il purge actuellement une peine de 18 ans de réclusion criminelle. 

Pressions pour faire taire la fillette

L'accusé avait jusqu'alors toujours nié les faits. Pendant le procès, il a finalement reconnu avoir agressé sexuellement et violé la fillette entre 2002 et 2005, au domicile de ses parents. Elle avait alors entre cinq et sept ans. En 2010, elle est placée chez son oncle et sa tante après une dizaine de signalements. C'est à ce moment qu'elle aurait subi des pressions et des menaces de la part de ses parents, pour ne pas raconter ce que Roland Blaudy lui avait fait subir.

Ces accusations, les parents de la jeune femme n'ont pas voulu les reconnaître durant le procès. Ils ont néanmoins exprimé des regrets et se sont excusés de ne pas avoir assez protégé leur fille. "Je l'aime même si on ne se parle plus", a tenté le père. Anne-Marie Jambu avait déjà été condamnée dans les années 80 pour avoir tué de plus d'une centaine de coups de couteau son premier enfant à la naissance.  Le nouveau-né était issu d'un viol

Une première reconnaissance de son statut de victime pour K, qui n'en a pas fini avec la justice. En effet, la jeune femme a également attaqué l’État pour faute lourde, après une dizaine de signalements à la justice sur sa situation, restés sans réponse. Une décision dans ce second dossier devrait être rendue le 17 septembre prochain.

Lors du procès, l'avocat général s'est refusé à commenter cette autre procédure mais a reconnu que "la justice a manqué de clairvoyance au moment du signalement en 2003". Il a ajouté: "Nous avons des questions à nous poser au niveau de notre responsabilité professionnelle". 

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