Renvoyé dans son pays, l'islamiste algérien Djamel Beghal va y être rejugé

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JUSTICE - Considéré comme le mentor de Chérif Kouachi et d'Amédy Coulibaly, deux des auteurs des attentats de janvier 2015 à Paris, l’Algérien de 52 ans a été expulsé lundi vers son pays natal à sa sortie d'une prison française. En Algérie, il avait été condamné en 2003 par contumace à 20 ans de prison.

Il est considéré comme le mentor de Chérif Kouachi et d'Amédy Coulibaly, deux des auteurs des attentats de janvier 2015 à Paris. Djamel Beghal, l'islamiste algérien qui a été libéré de prison en France lundi avant d'être renvoyé dans la journée vers l’Algérie, va être rejugé dans son pays.


Il s’avère en effet que la justice algérienne l'avait condamné par contumace en 2003 à 20 ans de prison pour "appartenance à un groupe terroriste", a annoncé lundi soir l'agence de presse d'Etat algérienne APS, citant une "source proche du dossier". L’avocat français de Djamel Beghal, Me Bérenger Tourné, avait pourtant récemment affirmé que son client n'avait jamais été condamné en Algérie.

Dans le viseur des autorités françaises depuis le milieu des années 1990, Djamel Beghal a été déclaré expulsable en 2007, deux ans après avoir été condamné à 10 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste. A Vezin-le-Coquet, en Bretagne, il terminait de purger sa seconde peine de dix ans de prison pour un projet d'évasion en 2010 avec Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien du Groupe islamique armé algérien (GIA) condamné à perpétuité pour l'attentat à la station RER Musée d'Orsay en 1995 à Paris.


Les autorités françaises, qui souhaitaient le voir retourner en Algérie, discutaient depuis plusieurs semaines avec Alger des conditions de son retour dans son pays natal, qu'il avait quitté à l'âge de 21 ans pour venir en France. Djamel Beghal était lui-même favorable à cette option. "Il y a 10 ans, nous avions bloqué son expulsion vers l'Algérie en raison du risque de torture encouru. Le climat lui apparaît désormais plus apaisé", a expliqué à l'AFP Me Bérenger Tourné.

17 ans de détention dans les prisons françaises

En juin 2017, il avait lui même déposé une demande de "libération conditionnelle-expulsion" vers l'Algérie, rejetée par la justice française en raison de doutes sur son "algérianité". Cette fois, Djamel Beghal tenait surtout à ne pas se retrouver à nouveau assigné à résidence, ce qui revenait pour lui "à rester privé de liberté d'aller et venir", avait expliqué Me Bérenger Tourné. 


Mais son avocat avait aussi affirmé vendredi "qu'aucune condamnation, par défaut ou contumace ou autre, n'avait jamais été signifiée à M. Beghal à ce jour". Or l'APS affirme donc que les autorités judiciaires algérienne ont informé leurs homologues françaises des faits pour lesquels Djamel Beghal a été condamné en Algérie, tentant en vain de le faire extrader de France, puis demandant à ce qu'il soit jugé pour ces faits sur le territoire français, conformément aux accords judiciaires entre les deux pays. Une demande "restée sans suite de la part des autorités judiciaires françaises", a affirmé la source citée par l'APS.

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