Seine-Saint-Denis : un an de prison requis contre le policier qui avait frappé un homme au sol

Justice

PROCÈS - Un policier avait été filmé en mai 2017 en train de frapper un homme à terre aux Lilas (Seine-Saint-Denis). L'IGPN, la "police des polices", avait été saisie après la diffusion de la vidéo amateur sur les réseaux sociaux. Un an de prison, dont six mois ferme, ont été requis par le procureur de Bobigny.

C’est une vidéo amateur qui avait fait le tour des réseaux et accablé le policier comparaissant lundi à Bobigny. On y voit le fonctionnaire frapper avec ses rangers la tête d'un homme à terre. Un an de prison, dont six mois ferme, ont été requis à son encontre. Ici, "la police ne protège pas mais agresse", "j'ai honte", a asséné le procureur Loïc Pageot, qui a également requis cinq ans d'interdiction d'exercer à l'encontre du policier. L'homme, né en 1985, est poursuivi pour violences aggravées avec incapacité totale de travail (ITT) de moins de huit jours.

Les faits remontent au soir du 27 mai 2017 aux Lilas (Seine-Saint-Denis). Elvis, âgé d’une quarantaine d’années, rentre chez lui après une soirée alcoolisée. Il s'arrête dans une sandwicherie, passe commande et patiente dehors. Les versions divergent ensuite. Dans le récit d’Elvis, le policier est arrivé et lui aurait dit : "Contrôle d'identité". Elvis aurait demandé pour quel motif et là, "il m'a poussé par terre, sans explication". Suivent des coups. 

Le fonctionnaire, qui était accompagné d’un autre policier, poursuivi à ses côtés pour non-assistance à personne en péril, reconnaît l’avoir frappé. Mais il explique qu'Elvis avait uriné sur la voiture, avant de lui cracher au visage. Selon le fonctionnaire, qui craignait d'avoir une hépatite, la salive a atteint sa bouche. "Il m'a dit 'je suis malade', j'ai perdu mes moyens", a-t-il déclaré. Les policiers laisseront Elvis à terre, sans prévenir les secours ni faire de rapport.

Voir aussi

C'est la diffusion de la vidéo par un témoin sur les réseaux sociaux qui avait conduit le parquet de Bobigny à saisir l'IGPN et le policier poursuivi pour violences avait été suspendu. Pour le procureur, "aucun élément ne permet d'apporter la preuve" des provocations dénoncées. Les avocats des policiers, qui ont dénoncé des peines requises "disproportionnées", mettent eux en avant des témoignages d'employés de la sandwicherie allant dans le sens des déclarations du policier. 

A cette même audience, une autre affaire impliquant un fonctionnaire du commissariat des Lilas a été jugée : un policier, poursuivi pour violences avec ITT de plus de huit jours pour avoir asséné deux coups de poing à un lycéen, en béquilles en raison d'un handicap, lors d'un contrôle en septembre 2016. L'affaire avait été classée, avant que, là aussi, une vidéo ne soit portée à la connaissance du parquet. Lequel a requis trois mois de prison avec sursis et quatre mois d'interdiction professionnelle contre le fonctionnaire. La décision pour les deux affaires sera rendue le 18 décembre. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter