Sept ans après la mort d'une fillette après une opération banale, l'anesthésiste et le chirurgien devant la justice

Justice

NÉGLIGENCES - Admise au CHU du Kremlin-Bicêtre il y a sept ans pour une intervention classique, Camille, 6 ans, était morte cinq jours plus tard d'une septicémie. Le chirurgien et l'anesthésiste sont jugés vendredi pour "homicide involontaire".

La fillette devait subir une intervention chirurgicale classique au CHU du Kremlin-Bicêtre. Elle est morte quelques jours après l'opération. Le chirurgien et l'anesthésiste sont jugés vendredi à Créteil pour "homicide involontaire" après la mort en 2009 de Camille, 6 ans, qui avait contracté une septicémie dans cet hôpital du Val-de-Marne.

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui gère l'établissement, figure également sur le banc des prévenus.

Le 24 septembre 2009, c'est pour une banale opération que Camille, qui souffre d'infections urinaires chroniques, est attendue à l'hôpital. L'enfant souffre, et, le lendemain, une intervention chirurgicale dite "de Cohen" doit y mettre fin. Poussées de fièvre, vomissements, le coeur qui s'emballe : l'état de santé  de la fillette se dégrade après l'opération, jusqu'à l'arrêt cardiaque. Verdict de l'autopsie : "Mort par choc septique".

L'enquête, ouverte après le dépôt de plainte de la famille dès le lendemain du décès, avait révélé des négligences au sein de l'équipe médicale. La veille de l'opération, un germe infectieux est détecté dans les urines de la fillette, ce qui "aurait dû conduire au report de l'intervention chirurgicale", selon trois experts mandatés par la juge d'instruction. Mais ni le chirurgien ni l'anesthésiste ne consultent les résultats de cet examen obligatoire. Le premier assume sa responsabilité mais explique, d'après l'instruction, que c'était "avant tout à l'interne et à l'infirmière" d'attester que le dossier médical était complet. La seconde, elle, estime que "ce n'était pas dans les attributions systématiques de l'anesthésiste", mais dans celles du chirurgien, de s'assurer de l'existence d'un tel examen, dont le résultat "devait avoir été vérifié en amont" par un interne. 

Mauvais diagnostic

Enfin, trois jours après l'opération, alors que l'enfant se plaint de douleurs, les deux praticiens accumulent les erreurs. Enfin informé de la présence d'une bactérie dans les urines de la fillette, le chirurgien pose un mauvais diagnostic et prescrit un traitement antibiotique par voie orale. Inadapté et insuffisant, selon les experts. De garde la nuit suivante, l'anesthésiste est avertie par un interne de la persistance des symptômes. Elle ordonne, à raison, un traitement antibiotique par intraveineuse et un examen sanguin mais ne se déplace pas au chevet de Camille. Encore une faute selon les experts, qui estiment qu'un réexamen de l'enfant  et un transfert en réanimation auraient "peut-être permis d'éviter le décès". 

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