Ses parents en instance de divorce, un enfant de 4 ans obligé de rentrer au Japon

La Cour de cassation réclame le retour de Louis, 4 ans, auprès de son père, au Japon.

FAIT DIVERS - Louis, un enfant de 4 ans, va devoir retourner auprès de son père au Japon ce jeudi. Sa mère, habitante de Salles-d'Aude, est en instance de divorce avec son père, un Japonais. La Cour de cassation a donné raison à ce dernier.

Ce Noël pourrait être son dernier en France. En Occitanie, tout le village de Salles-d'Aude se bat pour que Louis, 4 ans, reste avec sa mère, Marine, en France. La justice en a pourtant décidé autrement : Louis doit retourner au Japon, où il est né, avec son père, Sushei Kudo.

Cet imbroglio démarre en 2017, lorsque Marine, rentrée en France pour des vacances avec son fils, demande le divorce après avoir finalement décidé de rester dans l'Hexagone. Un mois plus tard, "le père enclenche une procédure pour demander le retour de l'enfant au Japon", indique Le Parisien. Après un premier jugement puis un appel, la Cour de cassation lui donne raison et réclame le retour de Louis dans son pays natal, avec son père, âgé de 40 ans, dans une décision parue en novembre dernier. Jeudi 26 décembre, au lendemain de Noël, Louis doit donc partir pour le Japon.

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Pourtant, les proches de Louis ont tout tenté pour le garder auprès d'eux. Ces derniers jours, l'association "Jamais sans Louis" a même "supplié" Emmanuel Macron et le procureur de la République de Montpellier de "reconsidérer la situation de l'enfant". Sans succès. À moins d'un changement de dernière minute, Louis retournera donc auprès de son père en cette fin d'année.

Ce départ, déchirant pour la famille, met en colère Marine. Elle estime qu'elle sera privée de son enfant pendant de longues années. "Si mon fils part au Japon ce jeudi, cela signifie que je n'aurai plus aucun moyen de le voir avant qu'il ait 20 ans, sa majorité selon la loi japonaise. Contrairement à ce que maintient son père, je n'ai pas la possibilité d'obtenir un visa pour vivre au Japon et il y a de très fortes chances que je me retrouve en garde à vue pour des mois, comme c'est le cas actuellement d'un père de famille australien", explique Marine au Parisien.

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"Je me battrai jusqu'au bout pour obtenir gain de cause"

Sushei Kudo suggère en effet à Marine de rejoindre son fils au pays du soleil levant. "Je propose que ma femme, puisque nous sommes toujours mariés, vienne et vive avec lui dans notre appartement familial. Ainsi, Louis pourra bénéficier de la présence de son père et de sa mère", indique-t-il dans une interview accordée au quotidien

Pas question pour Marine, qui ne veut plus vivre avec lui et qui affirme que "ce qui se joue, c'est une sorte de chantage sur ma liberté de divorcer". "Je me battrai jusqu'au bout devant la Cour européenne de justice et l'Organisation des nations unies pour obtenir gain de cause, mais cela ne fera pas revenir mon fils, condamné à vivre loin de moi au Japon", déplore-t-elle.

De son côté, l'association "Jamais sans Louis" espère qu'un miracle va se produire. "Ce mécanisme de retour aura pour effet d'organiser et de légaliser la rupture entre Louis et sa mère", dénonce la présidente au Parisien. "Le garder en France lui permet de bénéficier d'un accès garanti à ses deux parents. Or, les autres enfants français renvoyés au Japon n'ont aujourd'hui plus aucun contact avec leurs parents français", rappelle-t-elle.

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