Siestes dans un WC et repas froids : une directrice d'école Montessori en procès

Siestes dans un WC et repas froids : une directrice d'école Montessori en procès

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VIOLENCE - Une directrice et une éducatrice d’école Montessori ont comparu lundi à Villefranche sur Saône pour des faits de "violence sans incapacité sur mineurs". Les plaignants leur reprochent des siestes dans des WC, des repas froids ou des récréations imposées par zéro degré. Mais d'autres parents défendent les deux femmes mises en cause.

Dans la salle, une quarantaine de parents se serrent sur les bancs du tribunal. Manifestement, des pro- et des anti-directrice, rapporte l'AFP. Une femme de 36 ans a comparu lundi devant le tribunal de Villefranche sur Saône en compagnie d’une éducatrice. Toutes deux sont suspectées "de violence sans incapacité sur mineurs de moins de 15 ans par une personne ayant autorité". Elles travaillaient dans l’école Montessori en Beaujolais, établissement privé hors contrat qui accueille une vingtaine d'enfants.    


Après une audience de près de 11 heures, le procureur a requis une peine de  huit mois avec sursis avec interdiction d'exercer pendant cinq ans à l'encontre  de la directrice; et quatre mois avec sursis et trois ans d'interdiction  d'exercer pour l'éducatrice. Ces  enseignantes, confrontées souvent à des enfants en difficulté, "ont été  débordées, et, dans des situations d'énervement, ont pu se livrer à des  brutalités sur des enfants très jeunes", a estimé le procureur.


La directrice, elle, nie toute violence. Architecte d'intérieur, elle s'est formée à cette pédagogie alternative  avant d'ouvrir cette école hors contrat en 2013. Une école peut se revendiquer  librement Montessori et les éducateurs n'ont aucune obligation de passer par  l'Education nationale.

Complot de certains parents

Les crispations se sont concentrées autour de quelques événements et  notamment plusieurs siestes - sept selon la directrice - pour une fillette de 4  ans présentant un handicap, dans un local avec WC sans fenêtre, porte fermée.  "Cette enfant dormait dans cette pièce, alors qu'elle ne dormait pas avec les  autres (...). Pour moi, ce n'est pas une violence, c'est une mesure  d'adaptation", affirme la trentenaire, qui parle de jalousies et de complot de  certains parents.     


Une poignée de parents, cités par la défense, sont venus témoigner du bien  qu'il pensait de l'établissement. Ma fille "avait perdu confiance en elle" dans  le circuit classique, ici elle "a gagné en confiance", dira l'un. 


L'école reste ouverte. Les deux accusées ne peuvent plus y exercer depuis  janvier en raison de leur contrôle judiciaire.


Le jugement sera rendu le 22 juin.

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