Son tir avait éborgné un manifestant : un CRS mis en examen

Son tir avait éborgné un manifestant : un CRS mis en examen

PROCÉDURE - Un CRS de 48 ans a été mis en examen jeudi 5 janvier pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation" chez un manifestant anti-loi Travail, le 15 septembre 2016.

Les images avaient choqué, lors de l'ultime manifestation contre la loi Travail, le 15 septembre dernier. Laurent Théron, 47 ans, qui manifestait pour le retrait du texte, avait perdu la vision de son oeil gauche après avoir essuyé un projectile issu d'un lancer de grenade de désencerclement.

L'auteur de ce tir, un CRS âgé de 48 ans, a été mis en examen jeudi 5 janvier, à la demande du parquet de Paris, pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation", nous a appris Libération vendredi 6 janvier. Il s'agissait, en l'occurrence, d'un tir illégitime, d'après les conclusions du juge d'instruction en charge de l'affaire, ne répondant pas aux critères d'utilisation d'un tel matériel, et auquel le brigadier-chef, nouvellement arrivé dans sa compagnie, n'était pas habilité.

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Le globe oculaire de Laurent Théron, syndicaliste Solidaires, avait pu être sauvé après une opération. Ce dernier avait ensuite déposé plainte auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Ce n'était pas la première fois qu'un manifestant était victime de tirs policiers au cours de la protestation contre la loi Travail. La grenade de désencerclement, en cause dans cet incident, avait ainsi été à l'origine d'une blessure spectaculaire à la tête d'un autre manifestant, Romain Dussaux, quelques mois plus tôt. 

Le 28 avril 2016, un autre manifestant avait été gravement blessé à l'oeil après une confrontation avec des policiers. Un tir de "lanceur de balles de défense" étant soupçonné d'être à l'origine de la blessure, l'IGPN avait ouvert une information judiciaire le 21 juin. De quoi lancer un débat fort sur l'arsenal que peuvent utiliser les forces de l'ordre face à des manifestants.

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