Soupçons d'empoisonnement à Besançon : le docteur Péchier a-t-il tué une patiente en ciblant sa collègue ?

Justice

NOUVEL ÉLÉMENT - Une ancienne consœur et amie de l’anesthésiste mis en cause dans 24 cas d'empoisonnement est convaincue d'avoir été la cible d'une tentative de meurtre. Alors qu'elle était sur le point de se faire opérer, un changement de dernière minute dans l’ordre de passage des patients lui aurait sauvé la vie, mais aurait été fatal à la quinquagénaire qui a pris sa place.

Elle est persuadée d'avoir réchappé in extremis à une tentative de meurtre. Le témoignage de Catherine Nambot, ancienne consœur et amie de l’anesthésiste de Besançon mis en cause dans 24 cas d'empoisonnement, offre un nouveau rebondissement à l'affaire. Le 15 avril 2016, celle qui exerçait au sein de la clinique Saint-Vincent était sur le point de se faire opérer d'une prothèse de l'épaule dans cette même clinique quand un imprévu est venu bouleverser à la dernière minute l’ordre de passage des patients. 

Hors, Laurence Nicod, la quinquagénaire en parfaite santé qui est entrée au bloc à sa place, est décédée d'un arrêt cardiaque. Le docteur Frédéric Péchier, comme à son habitude, était venu prêter main-forte pour la réanimation. En vain. Aujourd’hui, les enquêteurs sont convaincus que le médecin visait sa collègue d'alors. "C’est ma cliente qui était visée. Et  si son ami n’était pas intervenu à la dernière minute, et bien elle ne serait sans doute plus là pour en parler", estime Me Dreyfus-Schmidt, l’avocat de cette dernière.

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Une dispute six semaines plus tôt

Dans le détail, Catherine Nambot avait insisté pour que ce soit son compagnon, lui-même anesthésiste, qui l’endorme. Mais pour quelle raison Frédéric Péchier aurait-il pu vouloir tuer sa collègue et amie ? Selon les enquêteurs, ce dernier aurait toujours agi "dans un contexte de conflit aigu avec ses collègues". Or, six semaines avant l’opération, l'anesthésiste et ses deux collègues s'étaient sérieusement disputé lors d'un dîner en présence de leurs conjoints. 

Jointe par l'AFP, la défense a catégoriquement réfuté ces allégations. "Il n'y a pas la démonstration d'une quelconque malveillance" dans le cas de Mme Nicod, assure encore Me Schwerdorffer, qui évoque une "erreur médicale (...) absolument pas imputable" à son client.

L’anesthésiste-réanimateur, mis en cause pour sept nouveaux cas d’empoisonnement, venus s'ajouter aux 17 initialement retenus, a été laissé libre sous contrôle judiciaire. La chambre de l’instruction doit examiner prochainement l'appel du parquet de Besançon, qui avait requis son placement en détention provisoire. 

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