Tariq Ramadan reconnait désormais des relations sexuelles "consenties" avec les deux femmes qui l'accusaient de viol

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JUSTICE - À sa demande, l'islamologue suisse avait rendez-vous ce lundi avec les juges d'instruction à Paris pour donner une nouvelle version des faits après la révélation de SMS échangés avec l'une des femmes l'accusant de viol. Rendez-vous qui l'a vu déclarer avoir des relations sexuelles "consenties" avec ces dernières.

Tariq Ramadan, mis en examen pour le viol de deux femmes avec lesquelles il niait jusqu'ici tout rapport physique, a reconnu lundi 22 octobre devant les juges d'instruction avoir eu avec elles des relations sexuelles "consenties", a déclaré son avocat, Me Marsigny. Lequel décide aujourd'hui de s'appuyer sur les 399 SMS qui ont permis d'aboutir à cet aveu de l'islamologue pour faire valoir que "les parties civiles ont menti et que les relations sexuelles ont été parfaitement souhaitées, consenties et même par la suite de nouveau recherchées".

"J'ai senti ta gêne... désolé pour ma violence"

Les magistrats avaient découverts 399 SMS échangés entre lui et "Christelle", la deuxième femme à l'accuser de viol, du 31 août au 15 décembre 2009. Tariq Ramadan y détaillait à l'avance ses fantasmes sexuels violents et dominateurs, qui concordent avec la description initiale des faits par "Christelle" : gifles, coups de poing, cheveux tirés, humiliations... "J'ai senti ta gêne... désolé pour ma violence", reconnaissait-il au lendemain de leur rencontre.


Incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février pour les viols de deux femmes, l'islamologue de 56 ans a toujours nié toute relation physique avec "Christelle", surnom dans les médias de la deuxième plaignante de cette affaire. Cette femme a dénoncé l'an dernier une violente agression sexuelle lors de leur unique rencontre, le 9 octobre 2009 à Lyon.


Confronté à son accusatrice le 18 septembre, Tariq Ramadan n'avait concédé à nouveau qu'un "jeu de séduction" par téléphone et Internet, réaffirmant n'avoir bu qu'un verre avec cette "mythomane" au bar de l'hôtel. Il avait déposé dans la foulée une troisième demande de libération, rejetée depuis. Car sa version avait été contredite la semaine suivante par l'expertise du vieux téléphone de "Christelle", versé au dossier peu après l'incarcération de Tariq Ramadan.

L'avocat de "Christelle" salue un "tournant majeur" dans l'affaire

L'avocat de l'intellectuel, Me Emmanuel Marsigny, avait réagi en analysant ces messages comme la preuve d'une relation annoncée et consentie. Il avait alors réclamé cette nouvelle audition de lundi pour que son client - qui a déjà reconnu en juin des relations dominatrices avec plusieurs maîtresses - puisse s'expliquer sur ces nouvelles révélations.


A l'inverse, l'avocat de "Christelle" avait salué "un tournant majeur". "C'est le système Ramadan qui est mis au jour", avait commenté Me Eric Morain, pointant "l'emprise psychologique et religieuse" exercée sur plusieurs femmes, notamment sur sa cliente, une convertie de fraîche date qui croyait se marier bientôt avec cette figure populaire de l'islam francophone.

Depuis le début de l'affaire, lancée le 20 octobre 2017 par la plainte d'Henda Ayari, le camp de M. Ramadan a pour sa part constamment dénoncé une "collusion" entre ses accusatrices, ses anciennes maîtresses et ses ennemis politiques. En Suisse, Tariq Ramadan est également visé par une instruction pour viol, ouverte mi-septembre à Genève après une plainte d'une femme déposée en avril.

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