Terrorisme : interpellation de deux ados niçoises qui avaient envisagé une action violente

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Attentat de Nice

DJIHADISME - Deux jeunes filles âgées de 17 et 19 ans ont été interpellées à Nice par la DGSI à la mi-septembre. Elles étaient en contact avec Rachid Kassim, le djihadiste français caché en Syrie qui les avait incité à commettre un attentat sur des cibles précises.

Près de deux mois après l’attentat du 14 juillet à Nice qui a fait 86 victimes, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a peut être déjoué une nouvelle attaque terroriste dans la cité azuréenne. Deux Niçoises âgées de 17 et 19 ans ont été interpellées à la mi-septembre, indique ce dimanche une source judiciaire.  Interrogées par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI),  "elles ont reconnu qu'elles avaient envisagé une action violente, sous  l'influence de Rachid Kassim avant d'y renoncer", selon une source proche de  l'enquête. 

Les jeunes filles étaient en contact via la messagerie cryptée Telegram avec Rachid Kassim, le djihadiste roannais parti en Syrie et soupçonné d’être en lien avec de nombreuses attaques en France ces derniers temps. Les investigations n'ont pas permis de retrouver d'armes à leur domicile,  dans le secteur de Nice, où Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans  radicalisé a foncé dans la foule avec un camion, faisant 86 morts et 434  blessés le 14 juillet.

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    Les enquêteurs de la DGSI ont identifié le 9 septembre la lycéenne de 19 ans qui correspondait avec le djihadiste. Le lien vers la discussion cryptée  lui aurait été fourni par l’une de ses amis convertie de 17 ans. "Comme dans d’autres dossiers où l’on retrouve Rachid Kassim, elles étaient incitées à commettre un attentat sur des cibles précises afin de venger la mort récente du porte-parole de Daech", explique un proche de l’enquête au quotidien Le Parisien.

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      Elles avaient évoqué un passage à l'acte

      Arrêtée en pleine rue le lendemain de son identification, la lycéenne de 19 ans a d’abord nié toute sympathie avec le mouvement djihadiste, avant de reconnaitre être en contact avec Kassim. Son amie, interpellée quelques jours plus tard, admettra elle aussi les liens avec le terroriste. Chacune reconnaît avoir évoqué un passage à l’acte, avant de renoncer. La pression exercée par Kassim aurait fait peur à la plus âgée, tandis que la plus jeune prétend avoir été "choquée" par l’attentat du 14 juillet. Toutes les deux ont été incarcérées.

      L’adolescente de 17 ans est inconnue des services de renseignement, tandis que son amie a déjà été mise en examen le 21 novembre 2014 dans une opération de démantèlement de la filière djihadiste niçoise organisée par Omar Diaby. Elle s’apprêtait alors à quitter la France et était depuis placée sous contrôle judiciaire. Le pire a peut-être été évité avec ces interpellations. Selon un enquêteur, le degré d’embrigadement de ces deux jeunes filles "pouvait une nouvelle fois faire craindre le pire".

      VIDÉO - Rachid Kassim, cible prioritaire de l'État

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      Rachid Kassim, ennemi public N°1

       Ces dernières semaines, plusieurs personnes dont au moins trois adolescents  ont été écroués pour des menaces d'attaques similaires, sous l'influence de la  propagande de Rachid Kassim, soupçonné d'avoir inspiré de  manière plus ou  moins directe les attaques de Magnanville (Yvelines), le 13 juin, et de  l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), le 26 juillet. Il aurait  aussi piloté les projets d'attentats du commando de femmes arrêté début  septembre après la découverte d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz à Paris.

       

      Ces arrestations interviennent alors que, selon le Premier ministre Manuel  Valls, la menace terroriste est "maximale" en France, touchée depuis 2015 par  une série d'attentats qui ont fait 238 morts.  

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