Terrorisme : François Molins annonce un "durcissement considérable" de la politique pénale

Justice

MENACES D'ATTENTAT – Face à un "risque d'attentat renforcé" sur le territoire français, le parquet de Paris a décidé de criminaliser les infractions en lien avec le terrorisme considérées jusqu'ici comme des délits.

"L’affaiblissement de l’Etat islamique en zone irako-syrienne constitue un facteur qui renforce le risque d’attentat". C'est en mettant en avant ce paradoxe bien connu des historiens que François Molins, le procureur de la République de Paris, annonce un "durcissement considérable" de la stratégie pénale en matière de terrorisme, dans un entretien au Monde vendredi 2 septembre. 

Alors que les procédures judiciaires pour des affaires liées au terrorisme islamiste sont en "augmentation exponentielle" (26 procédures en 2013 contre 136 en 2015), François Molins assure que la France va devoir faire face à la menace "inquiétante" des retours de Syrie. "On sera à un moment ou à un autre confronté au retour d’un grand nombre de combattants français et de leurs familles", prévient-il. 

20 à 30 ans de prison pour les candidats au djihad

Aussi, explique le magistrat, "le parquet de Paris a décidé fin avril un durcissement considérable de sa politique pénale" indépendamment, précise-t-il, des nouvelles ressources mises à disposition des services de renseignement, de police et de justice, décidées après les attentats de 2015. 

Désormais, certaines infractions en lien avec le terrorisme considérées jusqu’ici comme des délits - passibles de dix ans de prison – seront criminalisées, donc potentiellement punies par des peines de vingt à trente ans de réclusion. Sont ciblés par ce durcissement "les combattants, les candidats au départ, les femmes ou les soutiens logistiques", détaille François Molins. 

En revanche, le magistrat assure que le placement en rétention des fichés S - que réclament plusieurs candidats à la primaire de la droite, dont Nicolas Sarkozy - est "absolument impossible", car contraire au "socle de l’Etat de droit".

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