Ouverture du procès en appel d'Abdelkader Merah : "Que l'on sache la vérité", implore la mère d'une des sept victimes

Justice
JUSTICE - Le procès en appel d'Abdelkader Merah, frère de Mohamed Merah, auteur des tueries de Montauban et Toulouse en mars 2012, s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. En première instance, cet homme de 36 ans avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle. La cour n'avait pas retenu la complicité d'assassinats qui aurait pu lui valoir la perpétuité.

Un an et demi après un premier procès marqué par de virulentes passes d'armes entre défense et parties civiles, le procès en appel d'Abdekader Merah s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. Le frère de Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban comparait pour participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle et complicité d'assassinats. En mars 2012, son frère Mohamed tuait au nom du djihad trois militaires, un enseignant et trois enfants juifs avant d'être tué par la police.


En première instance, la cour d'assises spéciale de Paris avait condamné Abdelkader Merah, aujourd'hui âgé de 36 ans, à la peine maximale pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, mais l'avait acquitté du chef de complicité des sept assassinats perpétrés les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban par son frère Mohamed. 

"C'est dur d'être là. On espère que cette fois la justice ira jusqu'au bout et condamnera le frère de l'assassin pour complicité, parce qu'il est complice. Ce sont des monstres", a déclaré à la presse Samuel Sandler, qui a perdu son fils Jonathan et deux petits-enfants.


Latifa Ibn Ziaten, qui a perdu son fils militaire, est "sûre et certaine" de la complicité d’Abdelkader Merah dans les crimes commis par son frère. "J'espère un procès plus digne. Qu'il y aura plus de lumière, et qu'on ira vers la vérité", a-t-elle déclaré ce lundi. Ce premier procès, c'était un spectacle, c'était trop dur pour les familles. Certains avocats ont oublié qu'on était là". La mère de famille endeuillée ajoute : "Je n'ai pas besoin de ses excuses. Parce que c'est trop tard. Mais au moins que l'on sache la vérité. Je voudrais, avant de quitter ce monde, savoir pourquoi son frère a tué mon fils. J'attends, avec patience."  

Déterminer le rôle exact joué par Abdelkader Merah

L'enjeu principal du nouveau procès sera de déterminer le rôle exact joué par Abdelkader Merah dans les tueries exécutées en solo par son frère, au volant d'un puissant scooter volé.


L'homme, entré dans le box en chemise blanche et barbe noire, cheveux noués en catogan, se présente comme un ancien "peintre en bâtiment". Visage impénétrable, concentré, il est tourné vers la cour. À ses côtés comparaît un délinquant, Fettah Malki, ex-pizzaïolo de 36 ans, condamné en premier ressort à 14 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste criminelle pour avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles, un pistolet-mitrailleur et des munitions. L'accusation, qui avait requis la perpétuité contre le grand frère du tueur, présenté comme son "mentor", avait fait appel.

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Procès Merah - Me Dupont-Moretti avant l'audience

Sept victimes âgées de 3 à 30 ans

Au premier jour du procès en appel ce lundi, la  présidente de la cour Xavière Siméoni est revenue sur le parcours meurtrier de Mohamed Merad. Elle a ainsi relaté l'assassinat de militaires, visés du fait de l'engagement de la France en Afghanistan - Imad Ibn Ziaten, 30 ans, Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 23 ans - et les 36 secondes du massacre de l'école Ozar Hatorah où Mohamed Merah est venu tuer des juifs pour ce qu'ils sont.


A l'entrée, il tue d'abord Jonathan Sandler, 30 ans, professeur de religion, et ses fils Arié et Gabriel, 5 et 3 ans. Dans la cour, il fait feu sur une petite fille à terre, Myriam Monsonégo, 8 ans, la fille du directeur d'école.


Retranché dans son appartement, le tueur sera abattu le 22 mars par le Raid après 32 heures de siège suivies par les médias du monde entier. Dans un courrier retrouvé après sa mort, le djihadiste se félicite d'avoir insufflé la terreur dans "le coeur des ennemis d'Allah".

"Il y a des éléments de preuve"

Serrés sur les bancs du public, les familles écoutent sans ciller. Elles attendent de voir reconnue la pleine responsabilité d'Abdelkader dans les crimes de son frère. "Il y a des éléments de preuve", a affirmé Me Simon Cohen, qui défend la majorité des plus de 200 parties civiles.


La première vérité judiciaire dans cette affaire a établi que Mohamed Merah avait "toujours été seul" au moment des assassinats. Et "s'il partageait bien les motivations" du djihadiste, "aucun élément de la procédure ne montre" qu'Abdelkader Merah "connaissait les objectifs visés et les crimes commis par son frère", indiquait la cour en première instance.

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