Une "mamie djihad" à la barre, accusée d'avoir encouragé et soutenu son fils parti combattre en Syrie

Une "mamie djihad" à la barre, accusée d'avoir encouragé et soutenu son fils parti combattre en Syrie
Justice

JUSTICE - Elle a été appelée "Mamie djihad", après s'être convertie à l'islam et radicalisée au contact de son fils, au point qu'elle a voulu le rejoindre et qu'elle l'encourageait. Christine Rivière, 51 ans, est jugée jeudi et vendredi au tribunal correctionnel de Paris.

Elle a été surnommée "Mamie djihad". Un surnom pour évoquer cette mère de famille qui s’est convertie à l’idéologie fanatique de son fils, parti combattre en Syrie. Christine Rivière, 51 ans, sera jugée jeudi et vendredi au tribunal correctionnel de Paris.

Elle est poursuivie pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme. Elle a effectué, en 2013 et 2014, trois séjours en Syrie où elle a rejoint son fils Tyler Vilus, combattant d'un groupe djihadiste qui allait devenir l'Etat islamique (EI).

Elle voulait profiter de son fils avant qu'il ne tombe en martyr

La mère de famille est notamment accusée d'avoir apporté un soutien financier à son fils,  qui a finalement été arrêté en Turquie avec un passeport suédois, puis extradé en juillet 2015 vers la France. 

Christine Rivière avait été interpellée un an plus tôt, le 2 juillet 2014, au domicile de son autre fils. Elle s’apprêtait à repartir en Syrie. Elle n’a jamais caché son intention de retrouver Tyler, dont elle a affirmé partager l'engagement religieux radical. Elle a contesté avoir apporté un soutien à l'organisation terroriste ou avoir elle-même combattu en Syrie, même si des photos d'elle en armes ont été retrouvées par les enquêteurs.

"Mamie djihad", convertie à l'islam et radicalisée au contact de son fils Tyler, a en revanche assumé vouloir vivre en terre d'islam, dans un pays où elle pourrait pratiquer la charia et profiter de son fils avant qu'il ne tombe en martyr.

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Un rapport fusionnel avec son fils

Les enquêteurs ont décrit une mère ayant un "rapport fusionnel" avec son fils, dont elle n'a cessé d'encourager l'engagement djihadiste. Sur les réseaux sociaux, elle étaitidentifiée comme "Oum Abdallah" - la mère d'"Abdallah", une des identités de son fils - et partageait des images de propagande d'une rare violence, dont des scènes de décapitation.

Elle est aujourd'hui la doyenne de la trentaine de femmes revenues de Syrie et incarcérées en France. Selon la justice française, sur le millier de Français partis en zone jihadiste irako-syrienne, environ 300 y sont morts et 700 adultes (dont 300 femmes) s'y trouvaient encore en juin, avec quelque 400 enfants.

Christine Rivière encourt jusqu'à dix ans de prison. Son fils Tyler, dont le dossier est encore à l'instruction, sera jugé plus tard.

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