VIDÉO - Dealers présumés relâchés dans le Val-d'Oise : "Il ne s'agit pas d'un dysfonctionnement", insiste le porte-parole du ministère de la Justice

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DEBAT - La justice à nouveau pointée du doigt après la libération mardi de sept trafiquants de drogue présumés faute de juge disponible. Pour l'Union syndicale des magistrats, "c'est le grain de sable qui fait vaciller l'institution". "Faux, rétorque sur LCI le porte-parole du ministère de la Justice, c'est un simple concours de circonstances".

Le manque de moyens de la justice... Les magistrats le dénoncent régulièrement, et pour cause : une nouvelle affaire vient étayer leurs complaintes. Mardi, le tribunal correctionnel de Pontoise  a remis en liberté sept suspects dans un dossier de trafic de drogue, après le report de leur procès faute de juge disponible pour remplacer la présidente de la correctionnelle tombée malade.


Leur procès ayant été renvoyé au mois de mars 2019, la détention provisoire ne pouvait être davantage prolongée, expliquent les chefs de la juridiction du Val-d'Oise. Résultat, les sept prévenus ont été relâchés et placés sous contrôle judiciaire "avec des obligations et interdictions strictes" (interdiction d'entrer en contact avec les coauteurs ou complices, obligation de pointer une fois par semaine au commissariat ou à la gendarmerie, interdiction de sortir du territoire). Un huitième prévenu, détenu dans une autre affaire, est, lui, resté en prison. 

"A flux tendu"

Pour Virginie Duval, la présidente de l'Union syndicale des magistrats, cette affaire résume bien le manque de moyens criants. "On a tellement peu de magistrats, qu'on fait tout à flux tendu et dès qu'il y a un grain de sable, on n'y arrive plus", dit-elle. Et dans cette affaire, "le grain de sable, c'est la maladie de la présidente de la correctionnelle".


Même son de cloche de la part de Juliette Demaldent, avocate de l'un des prévenus, qui va plus loin : "Et même si un juge avait été disponible, on n'aurait pas été satisfait qu'un magistrat prenne l'affaire au pied levé en ne connaissant rien du dossier. Ca ne s'improvise pas, il faut le préparer", souligne-t-elle.

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Justice : des trafiquants de drogue présumés libérés faute de juge

Youssef Badr, le porte-parole du ministère de la Justice souhaite, lui, temporiser. "C'est un concours de circonstances qui n'est pas propre à la magistrature. Une juge est tombée gravement malade et cela se respecte. Il ne s'agit pas d'un dysfonctionnement de l'institution judiciaire. Les suspects sont toujours poursuivis, ils ne sont pas libres, mais sous contrôle judiciaire et ils doivent le respecter sinon ils retourneront en prison", explique-t-il sur le plateau de LCI.


"Bien sûr, le manque de moyens de la justice n'est pas nouveau, poursuit-il, mais une loi de programmation va être discutée à l'automne prochain. Les départs à la retraite et les postes vacants seront comblés".

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