Mis à pied pour avoir mangé une clémentine, un salarié de La Redoute conteste

Justice

PRUD'HOMMES - Un préparateur de commandes pour La Redoute a contesté ce jeudi aux Prud'hommes sa mise à pied du 7 novembre dernier. Son employeur lui reproche d'avoir mangé une clémentine à côté de son poste de travail, en dehors de l'heure autorisée de la pause, mettant en danger la chaîne de production.

A cause des épluchures et du jus laissé sur son plan de travail, son geste aurait pu détériorer la chaîne de production, selon son employeur. Le 7 novembre dernier, un préparateur de commande pour La Redoute a interrompu sa mission de travail à la chaîne, en raison d’une "micro-panne" qui a arrêté la chaîne. Il a été mis à pied, perdant 70 euros brut de salaire. Une sanction qu'il a contesté ce jeudi aux prud'hommes de Roubaix, dans le nord.

Déshumanisation

Le salarié, qui travaillait depuis 2004 pour le même employeur de vente à distance, a fait une pause, en dehors du temps prévu de 10h à 10h20. Il a reculé pour s’asseoir sur un banc et manger son fruit, puis "faute de poubelle", a pris "diligemment" les épluchures avec lui et les a posées sur son poste. L'agente de maîtrise les repère avant de lui infliger la sanction contestée.

Ce jeudi, son avocate, pour qui cette affaire symbolise la "déshumanisation" des conditions de travail du nouvel entrepôt de logistique "Quai 30" depuis la restructuration de l’entreprise et les 1200 licenciement en 2014, a considéré la sanction comme non proportionnée aux faits reprochés. 

Une sanction "graduée" pour La Redoute

Mais pour l’avocate de La Redoute, la mesure est au contraire "graduée", au vu des risques qu’a provoqué l’employé. Par ailleurs elle a rappelé qu'il "s'est permis de quitter son poste le 17 septembre 2017 pour aller chercher des sucreries en salle de pause" pendant ses heures de travail et "fait preuve d'intempérance" envers sa supérieure.

Le conseil des prud’hommes, qui avait déjà condamné La Redoute mi-juin pour avoir retenu sur salaires le temps de déplacement jusqu'au lieu de pause, distant de 4 à 5 minutes des espaces de production, rendra son jugement le 14 novembre.

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