Trois jeunes hommes condamnés à 9 ans de prison pour un projet d'attentat en 2015

Trois jeunes hommes condamnés à 9 ans de prison pour un projet d'attentat en 2015

JUSTICE - Trois jeunes Français radicalisés ont été condamnés ce vendredi à neuf ans de prison par la cour d'assises des mineurs de Paris pour avoir projeté en 2015 d'attaquer un site militaire du cap Béar (Pyrénées-Orientales).

Trois heures de délibéré à peine et la sentence est tombée : "Vous êtes tous les trois déclarés coupables d'association de malfaiteur terroriste criminelle". Le président de la cour d'assises des mineurs de Paris, uniquement composée de magistrats, ne mâche pas ses mots. Djebril Amara, Antoine Frèrejean et I. K, trois jeunes Français radicalisés, ont été condamnés ce vendredi à neuf ans de prison pour avoir projeté en 2015 d'attaquer un site militaire du cap Béar (Pyrénées-Orientales). 

A l'époque, ils avaient respectivement 23, 19 et 17 ans et vivaient chez leur mère. Après s'être rencontrés sur le forum "islam" du site jeuxvideo.com en 2014, ils avaient ensuite discuté de leurs desseins djihadistes sur les réseaux sociaux, notamment via la messagerie cryptée Telegram.

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Pas de circonstances atténuantes

A l'énoncé des peines, lourdes au regard de leur jeunesse, les trois jeunes hommes sont restés concentrés et attentifs. Ils échappent malgré tout au 13 ans de réclusion criminelle réclamée par l'avocat général. Concernant I. K., mineur au moment des faits, le président a précisé qu'avait été exclue "l'excuse de minorité", c'est-à-dire que le jeune homme ne bénéficierait pas de circonstances atténuantes du fait de son âge. Pour des velléités de départ en Syrie, un projet d'attentat du sémaphore de Béar et de décapitation d'un officier, ils encouraient jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

Le procès s'est tenu à huis clos, en dépit d'une demande de la défense qui estimait que cette affaire avait été largement portée dans le débat public par le pouvoir exécutif qui avait affirmé, lors de l'arrestation des jeunes en juillet 2015, qu'"un attentat avait été déjoué". Une thèse que réfutent les accusés, qui affirmaient tous n'avoir jamais eu de projet abouti.

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Un projet d'attentat préparé depuis une cellule de prison déjoué, une première en France

Jusqu'où leur adhésion aux thèses islamistes radicales les aurait-elle conduits ? Djebril Amara, brièvement en poste au sémaphore de Béar avant d'être réformé, avait décrit aux enquêteurs comment il avait été "hypnotisé" par les djihadistes du groupe Etat islamique avant de prendre ses distances.

Pour les enquêteurs, le projet d'attentat contre des militaires était né de l'échec du plan initial qui était de gagner la Syrie, après le signalement du plus jeune par sa mère qui avait sollicité une mesure d'interdiction de sortie du territoire en novembre 2014. Lors des perquisitions, les enquêteurs avaient retrouvé des caméras, des manuels en ligne de confection d'explosifs et un guide pour les aspirants au djihad syrien, mais ni armes à feu ni explosifs.

Les condamnés disposent de dix jours pour faire appel. La défense, qui n'a pris encore aucune décision, a toutefois relevé que leur peine est pratiquement déjà aménageable, au vu de la détention provisoire effectuée.

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