Un homme impliqué dans un projet d'attentat libéré par erreur, le gouvernement pointe un "dysfonctionnement grave"

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JUSTICE - Oualid B., soupçonné d'être impliqué dans un projet d'attentat en 2014 dans la métropole lyonnaise et dans une filière de recrutement de djihadistes vers la Syrie, était en détention provisoire avant son procès prévu en novembre prochain. Mais un juge d’instruction a oublié de prolonger cette mesure.

Selon une source proche du dossier, "l’affaire a eu un retentissement important en interne". Et pour cause. Le djihadiste présumé Oualid B., soupçonnés d'être impliqués dans un projet d'attentat en 2014 dans la métropole lyonnaise et dans une filière d'acheminement de combattants en Syrie, doit être jugé dans deux mois. Mais alors qu’il avait été incarcéré en août 2016 et attendait de comparaître aux côtés de 14 autres accusés, dont trois de ses frères, le jeune homme ne dort plus en cellule depuis avril dernier : un juge d’instruction a oublié de renouveler sa détention provisoire. L’information, révélée par Le Canard enchaîné, a été confirmée ce mercredi par le ministère de la Justice à l’AFP. 

"Contrôle judiciaire très strict"

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a lancé une inspection pour "comprendre comment un acte ayant potentiellement des conséquences graves, eu égard au profil lourd de l'intéressé, a pu se produire", indique la Chancellerie. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a de son côté commenté l'affaire, lors de son traditionnel point presse du mercredi, en parlant d'un "dysfonctionnement grave". Selon Le Canard enchaîné, le juge d'instruction a été convoqué par sa hiérarchie qui lui a demandé, en vain, de quitter ses fonctions. Le magistrat n'aurait pour l'heure écopé d'aucune sanction.


La place Vendôme prend soin de souligner que le djihadiste présumé est sous le coup d'un "contrôle judiciaire très strict" depuis sa remise en liberté. Oualid B. a d'ailleurs de nouveau été interpellé en mai, car il se trouvait hors de la zone autorisée dans le cadre de son contrôle judiciaire. Le Canard enchaîné indique qu'il conduisait alors sans permis et que son téléphone portable contenait des images de djihadistes armés et un film de propagande de l'organisation Etat islamique. Présenté pour ces faits en comparution immédiate au tribunal de Meaux (Seine-et-Marne), il en est ressorti libre, alors que dix mois de détention avaient été requis par le parquet. Ce dernier a fait appel et Oualid B. devrait être rejugé dans cette affaire le 13 septembre prochain.

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