Un même juge dans plusieurs affaires Sarkozy : Marine Le Pen s’étonne… mais est-ce si anormal ?

JUSTICE – Le juge Tournaire est en charge de plusieurs affaires Sarkozy : Bygmalion, les écoutes et, désormais, les soupçons de financements libyen. Est-ce vraiment si anormal comme l'estime Marine Le Pen ? LCI a sollicité un avocat pénaliste pour savoir si cette critique était justifiée.

"Je veux mettre l'accent sur quelque chose d'éminemment dérangeant. Nicolas Sarkozy, et il n'est pas le seul, se retrouve, quelles que soient ses affaires, toujours devant le même juge d'instruction (Serge Tournaire, ndlr). Est-ce qu'il n'y a que deux ou trois juges d'instruction en France ? C'est gênant, et ça pose un certain nombre de questions." Par ces mots, Marine Le Pen a mis en cause, ce mercredi sur les ondes de Radio Classique, la neutralité de la procédure ayant entraîné le placement en garde à vue de l’ancien chef de l’État avant sa mise en examen mercredi. La présidente du Front national a-t-elle raison de s’en émouvoir ?

"Non, là on est vraiment dans l’ultra classique", assure à LCI un avocat spécialiste du droit pénal, parmi les plus réputés du Barreau de Paris, mais qui, sur ce sujet spécifique, a tenu à conserver l’anonymat. Il développe : "Depuis la création du pôle financier, il y a toujours eu trois ou quatre juges qui comptent plus que les autres, et qui travaillent en collégialité. Ils sont considérés comme les n°1, ils prennent en charge les plus grosses affaires pendant quelques années, avant de céder le lead à d’autres quand ils quittent le pôle", poursuit l'avocat qui s'étonne au passage de cette critique de Marine Le Pen. "C’est d’ailleurs aussi la même chambre du tribunal (la 32eme, ndlr) qui est appelée à juger toutes les affaires politico-financières."

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Affaire libyenne : Sarkozy mis en examen

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter