Une ancienne sous-préfète face aux juges à Nice

Une ancienne sous-préfète face aux juges à Nice
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CORRUPTION - Dominique-Claire Testart est accusée d'avoir touché des pots-de-vin entre 2011 et 2013. Elle comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Nice.

Une ancienne sous-préfète a-t-elle favorisé la création d’un chemin forestier pour valoriser la vente d’un hôtel quatre étoiles ? A-t-elle poussé l’organisation d’une épreuve de triathlon par amitié et en échange de cadeaux ? C’est ce dont est accusée Dominique-Claire Testart, haut fonctionnaire en poste à Grasse (Alpes-Maritimes) de 2011 à 2013 avant d’être nommée préfète dans la Creuse puis placée hors cadre. Elle comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Nice, jugée pour avoir touché des pots-de-vin. Elle a été mise en examen en 2013 pour corruption passive. Son ex-mari, Jean-Jacques Mallemanche, est aussi sur le banc des accusés.


Les juges étudient deux dossiers. Le plus épineux concerne la vente d’un hôtel quatre étoiles, Le Mas d’Artigny, situé près de Nice. Pour favoriser la vente de cet établissement, la création d’un chemin forestier aurait été activée par la sous-préfète, rendant la zone constructible, donc plus attractive financièrement. Son mari (ils se sont séparés depuis) était impliqué puisqu’il était apporteur d’affaires. Selon le parquet, l’opération s’élevait à 14 millions d’euros et Jean-Jacques Mallemanche aurait récupéré 200.000 euros de commission s’il trouvait un acheteur. L’avocat de la prévenue, André Bezzina, va plaider "la relaxe totale". "On nous dit que Madame Testart a accéléré le dossier parce que son mari 'grenouillait' autour de la vente, mais c'est faux", signale l'avocat à l’Agence France-Presse, arguant que le chemin anti-feu avait été initié par le prédécesseur de Testart.

Un CV bien rempli

Le second dossier, moins important, s’intéresse à l’organisation d’un triathlon. Le Tristar Cannes aurait pu avoir lieu puisque la sous-préfète entretenait une amitié avec l’organisatrice. Ce geste favorable aurait été récompensé par des cadeaux. Mediapart indique qu’une soirée à Cannes aurait été organisée pour son fils (plus de 1 600 euros) ou encore qu’un "violon d’une valeur de 7 900 euros" aurait été offert à Dominique-Claire Testart pour son anniversaire. Là aussi, Maître Bezzina plaide non coupable. La défense veut convaincre les juges que la décision de lancer ce triathlon relevait de la compétence exclusive du préfet et que l’édition 2013 n’avait pas été organisée.


Cette fonctionnaire de 59 ans, au CV public et privé (vice-présidente du groupe Thales International) bien rempli, risque dix ans de prison et une amende de 150 000 euros.

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