Des migrants dénoncent l'impossibilité de prendre rendez-vous en préfecture pour régulariser leur situation

Justice

CONTESTATION - Cinquante ressortissants étrangers déposent des recours en référé ce mercredi pour dénoncer l'impossibilité de prendre un rendez-vous en préfecture pour régulariser leurs situations. Par le biais d'associations, ils dénoncent notamment des "files d'attente invisibles".

Dénoncer les filets d'attente "invisibles" devant les préfectures d'Île-de-France. Voici le but des recours en référé que déposeront ce mercredi une cinquantaine de ressortissants étrangers, au Tribunal administratif de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, pour qui il est devenu "impossible" d'obtenir un rendez-vous par internet pour régulariser leurs situations. "En rendant obligatoire l’obtention d’un rendez-vous sur Internet avant tout accès au guichet, de nombreuses préfectures ont rendu invisible l’attente de milliers de personnes devant renouveler ou déposer une demande de titre de séjour" déplore La Cimade, une des associations soutenant ces migrants, qui dénonce un "tour de passe-passe".

Sous l'impulsion de plusieurs associations comme, La Cimade donc, mais aussi le Groupe d'information et de soutien des immigrés (GISTI) ou encore la Ligue des droits de l'Homme (LDH), des rassemblements son prévus ce mercredi après-midi devant les préfectures de Créteil (94), Evry (91), Nanterre (92) et Bobigny (93). "Faute de créneaux suffisants, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui s'acharnent pendant des mois" dénoncent ces associations, alors que les préfectures ont dématérialisé leurs services.

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Des "réseaux parallèles" pour obtenir un rendez-vous

Ainsi, de nombreuses personnes détentrices d'une carte de séjour n'arrivent pas à "renouveler leur titre à temps malgré leurs nombreuses tentatives de prises de rendez-vous, ce qui peut entraîner la perte de leur emploi et de leurs droits sociaux", dénoncent ces associations. "Pour les autres, c'est un obstacle supplémentaire dans la régularisation (...). Alors que nombre d'entre elles remplissent les conditions pour un titre de séjour, elles sont cantonnées dans l'irrégularité et demeurent sous le risque d'une expulsion."

La Cimade affirme également que la problématique dépasse le cadre de l'Ile-de-France : "Certaines préfectures sont championnes en matière de portes fermées, par exemple Bobigny, Montpellier, Créteil, Toulouse, Caen ..." Devant l'incapacité des préfectures à régulariser la situation de ces ressortissants étrangers, des "réseaux parallèles" se sont créés, profitant de la situation pour revendre des rendez-vous à des migrants qui "n'ont pas d'autre choix que celui de payer jusqu'à 200 euros pour obtenir le précieux sésame", mettent en lumière les associations.

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