Une enquête ouverte après la publication du selfie de Benalla avec une arme

Justice
SUITE - Le parquet de Poitiers a décidé mardi d'ouvrir "une enquête préliminaire" après la révélation par Mediapart d'une photo où l'on voit l'ex-collaborateur de l'Elysée armé, à une période où n'était pas titulaire d'un permis de port d'arme en bonne et due forme.

Des faits jugés suffisamment sérieux pour justifier l'ouverture d'une enquête. Le procureur de la République de Poitiers a estimé que le fait qu'Alexandre Benalla ait pu être armé à une période où il n'était pas titulaire d'un permis de port d'arme en bonne et due forme était "susceptibles de recevoir une qualification pénale". A l'origine de cette décision ? La révélation, ce mardi par Mediapart, d'un selfie de l'ancien chargé de mission de l'Elysée brandissant un pistolet sur la tempe d'une serveuse d'un restaurant de Poitiers au visage flouté en compagnie de deux hommes. Selon le site d'information, ce cliché aurait été pris à quelques kilomètres de Châtellerault où Emmanuel Macron venait de tenir un meeting, le 28 avril 2017, soit entre les deux tours de la présidentielle. Or, l'ex-collaborateur de l'Elysée, aujourd'hui mis en examen pour des violences lors du 1er mai, avait déclaré au Monde daté du 26 juillet qu'il ne possédait alors pas de permis l'autorisant à porter une arme en dehors du quartier général d'En Marche!, à Paris. 


Interrogé par le quotidien du soir sur le fait de savoir s'il avait enfreint cette règle et s'il était sorti avec une arme en dehors du QG, Alexandre Benalla se montrait catégorique: "Non, jamais. On n'est pas mabouls, il y a un risque pour la réputation du candidat..."  Une fois Emmanuel Macron élu, Alexandre Benalla n'obtiendra un permis de port d'arme que le 13 octobre 2017 dans le cadre de ses missions à l'Elysée, avait indiqué le 23 juillet le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale. Ce permis lui a depuis été retiré après son licenciement et sa mise en examen le 22 juillet pour des violences sur des passants, le 1er mai, place de la Contrescarpe à Paris.

"Un peu pathétique, pour un garde du corps de Macron"

La présence d'Alexandre Benalla le 28 avril 2017 dans le fameux restaurant poitevin a été confirmée, auprès d'un correspondant de l'AFP, par Guillaume Duru, directeur de l'établissement à l'époque. Si ce dernier ne se trouvait pas sur place ce soir-là, une de ses serveuses l'avait informé du déroulement de la soirée par téléphone. "Selon elle, l'équipe de Macron et ses gardes du corps étaient très sympas. Elle a évoqué le selfie. J'ai trouvé que c'était dangereux pour la personne en question, pour Benalla, de faire ça, qu'il pouvait perdre son travail. J'ai trouvé ça un peu pathétique, pour un garde du corps de Macron, de faire des selfies avec une serveuse... Et je lui ai dit de garder ça pour elle", a témoigné l'ex-directeur, qui a quitté ses fonctions en avril 2018. Jointe au téléphone par un correspondant de l'AFP, mardi, la serveuse a seulement confirmé que la photo publiée par Mediapart "est vraie". "Elle est authentique", a-t-elle dit, contredisant là Alexandre Benalla. La jeune femme, qui était bien de service le 28 avril 2017 dans le restaurant, a précisé qu'il s'agissait d'un selfie pris sur son propre téléphone portable.


"Je m'étonne, alors qu'il y a des choses sérieuses à traiter dans ce dossier, qu'on continue à chercher des éléments tous azimuts pour nuire à la réputation de Monsieur Benalla. Lâchez-le !", a déclaré Me Laurent-Franck Liénard, avocat d'Alexandre Benalla, minimisant les révélations de Mediapart. Pour rappel, son client doit être auditionné chez les juges d'instruction parisiens ce vendredi. Pour l'heure, l'"enquête préliminaire" concernant le "selfie armé" ouverte ce mardi soir a été confiée à la sûreté départementale, selon une source judiciaire.

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