Une famille française partie faire le djihad en Syrie jugée aux assises en son absence

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PREMIÈRE - Un couple et trois de leurs enfants sont jugés à huis clos et par défaut, mardi et mercredi, devant une cour d'assises des mineurs pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

C'est la première fois qu'un dossier terroriste est examiné par une cour d'assises des mineurs spécialement constituée de magistrats professionnels. Un couple et trois de leurs enfants sont jugés à huis clos et par défaut mardi et mercredi pour association de malfaiteurs à visée terroriste, après être partis en famille en Syrie combattre avec le groupe Etat islamique.


Le procès se tient devant une juridiction pour mineurs car le benjamin de la famille avait moins de 18 ans à l'époque des faits. Il aura lieu en l'absence des accusés, probablement toujours en Syrie et sous le coup d'un mandat d'arrêt. Parmi ces accusés figurent le père de famille, 48 ans, son épouse, 45 ans, et trois de leurs cinq enfants, des garçons âgés de 18 ans à 24 ans. 

"Même ma femme et ma fille ont un pistolet"

L'affaire débute en septembre 2013 lorsqu'un brigadier de police signale à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) le départ de son frère et de sa famille vers la Syrie. Selon les comptes bancaires familiaux, les deux fils aînés sont les premiers à partir, entre le 5 et le 6 octobre 2012, avant d'être rejoints par le reste de la famille en juillet 2013. 


Les frères et soeurs du père de famille ont expliqué aux enquêteurs que ce dernier leur avait raconté qu'il s'entraînait dans un camp et que ses deux fils aînés prenaient part aux combats où ils avaient été blessés par des éclats d'obus. A son propre père, il a précisé : "Nous sommes avec les fusils, les kalachnikovs. Même ma femme et ma fille ont un pistolet et une grenade chacune. Nous sommes biens mais nous ne pouvons pas revenir (...) même si nous le voulions, on est comme des terroristes".

Vidéos de propagande et photographies

L'observation des comptes de la famille sur les réseaux sociaux s'est également révélée fructueuse, pour les enquêteurs. Dans une vidéo de propagande intitulée "Au lion solitaire" diffusée en février 2015 sur Facebook,  le benjamin apparaît visage découvert et se félicite de l'action des frères Kouachi contre les journalistes de Charlie Hebdo.


Sur les comptes Facebook du cadet, des photographies postées montraient un djihadiste avec des enfants puis tenant une tête décapitée accompagnées de cette légende : "Ils sont doux avec les enfants et terribles avec les mécréants". 


Il prenait également la parole à visage découvert au côté de son père dans une vidéo de propagande intitulée "what are you waiting for? (qu'attendez-vous?) où il exhortait les musulmans de France à rejoindre l'EI ou à passer à l'acte sur le sol français.

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