Adama Traoré : une nouvelle expertise commandée par la famille pointe la responsabilité des gendarmes

Adama Traoré : une nouvelle expertise commandée par la famille pointe la responsabilité des gendarmes
Justice

REBONDISSEMENT - Une nouvelle expertise médicale, réalisée à la demande de la famille d'Adama Traoré, met en cause la version officielle et pointe le plaquage ventral comme ayant provoqué l’asphyxie du jeune homme de 24 ans, mort en 2016 lors d'une interpellation. Un rapport jugé "non conforme" par l'avocat des gendarmes.

Quatre ans après la mort d'Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans décédé le 19 juillet 2016 lors d'une arrestation dans sa ville de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), une bataille entre experts judiciaires se fait jour pour tenter d'expliquer les causes du décès. Certains écartent la responsabilité des gendarmes et d'autres, choisis par la famille, balayent leurs conclusions.

La dernière expertise judiciaire, dévoilée vendredi dernier, écartait ainsi la responsabilité des forces de l'ordre en attribuant la mort à un "oedème cardiogénique" lié à l'état de santé d'Adama Traoré. Les trois médecins y estimaient que "l'association d'une sarcoïdose pulmonaire (pathologie rare, ndlr), d'une cardiopathie hypertrophique et d'un trait drépanocytaire (une maladie génétique, ndlr)" avait "probablement pu (...) contribuer (à l'oedème cardiogénique) dans un contexte de stress intense et d'effort physique, sous concentration élevée de tétrahydrocannabinol", le principe actif du cannabis.

Le plaquage ventral comme cause de la mort ?

Mais ce mardi, une contre-expertise, la seconde à être réalisée à la demande de la famille du jeune homme, considère pour sa part qu'Adama Traoré est mort d'un syndrome asphyxique faisant suite à un oedème cardiogénique. Le médecin, qui a travaillé à partir des autres expertises et de documents médicaux selon l'avocat de la famille, attribue le décès "à une asphyxie positionnelle induite par le plaquage ventral", revenant donc à pointer la technique d'interpellation des gendarmes, selon ce document dont les conclusions datées du 2 juin. "Aucune autre cause du décès n'est identifiée", ajoute-t-il.

La dernière expertise judiciaire avait été ordonnée l'an passé par les juges d'instruction chargés de cette affaire sensible, après qu'un premier rapport médical commandé par la famille avait balayé les conclusions de l'enquête. Adama Traoré "a pris le poids de nos corps à tous les trois" lors de son arrestation dans la maison où il s'était caché, avait raconté un des gendarmes lors d'un interrogatoire, suscitant des questions sur la méthode employée.

"Non conforme", pour l'avocat des gendarmes

"Contrairement aux experts désignés par les juges, les médecins indépendants qui ont réalisé les contre-expertises sont tous spécialistes des maladies évoquées dans le dossier. Compte-tenu de leurs compétences, leurs conclusions s’imposent face à celles qui excluent le plaquage ventral comme cause de la mort d’Adama Traore", a réagi ce mardi auprès de l'AFP Me Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille Traoré. De son côté, Me Rodolphe Bosselut, l'avocat des gendarmes, joint par LCI, "remet totalement en cause cette expertise, réalisée en 48h", dit-il. Il estime "qu'elle n'est pas conforme" et va demander aux juges d'instruction de la rendre irrecevable.

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Mardi soir, un rassemblement de soutien, interdit par la préfecture, à Adama Traoré a rassemblé 15.000 personnes devant le tribunal de Paris. Il s'est déroulé dans le calme avant des incidents lors de sa dispersion.

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