Val-de-Marne : Kendji Girac cité dans une affaire de fraude au permis de conduire

Justice

ESCROQUERIE - Grâce des à des boîtiers vibrants, les candidats de cette auto-école du Val-de-Marne obtenaient leur code de la route. Une fraude mise à jour et jugée depuis lundi dont aurait bénéficié Kendji Girac.

Jusqu'à deux ans de prison ferme ont été requis lundi à l'encontre d'une famille soupçonnée d'avoir développé dans ses auto-écoles un vaste système de fraude électronique, pour assurer à ses élèves d'obtenir le code de la route. Le procès a détaillé devant le tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) les rouages d'une tricherie qui a profité à plus de 300 personnes. Principalement des gens du voyage, dont le chanteur Kendji Girac. 

Les candidats déboursaient 2.000 à 2.500 euros, cinq à six fois le prix de l'examen, et étaient équipés d'un boîtier qui vibrait pour indiquer la bonne réponse. Le tout piloté depuis l'extérieur par un complice, qui écoutait les questions via le téléphone d'un candidat. 

La fraude aurait rapporté environ 740.000 euros

La tricherie s'organisait en famille, dans quatre auto-écoles du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne, gérées par un ancien instructeur d'auto-école de 75 ans et sa femme de 69 ans, leur fille de 42 ans et son mari, un inspecteur du permis de conduire de 47 ans. Ils s'appuyaient, selon l'enquête, sur la complicité d'un cinquième prévenu actuellement au Maroc.

La procureure a requis deux ans d'emprisonnement pour le père, sa femme et sa fille, ainsi qu'un an contre le gendre, tous poursuivis pour "escroquerie en bande organisée" et "abus de biens sociaux". Et réclamé deux ans assortis d'un mandat d'arrêt contre le prévenu absent. La fraude aurait rapporté environ 740.000 euros entre 2013 et 2016 à ses auteurs, selon les estimations des enquêteurs.

On a fait l'autruche"- La famille du cerveau présumé

"Je ne gagnais que l'inscription et le forfait code, c'est tout", soit les 400 euros réglementaires pour chaque candidat, a juré le patriarche en audience. Il connaissait la combine, mais le système bénéficiait selon lui entièrement à "Monsieur Abdel", le prévenu jugé par défaut.  Le reste de la famille a également expliqué avoir "fait l'autruche" face aux agissements du seul absent à la barre.

Les auditions de multiples candidats indiquent pourtant que c'est le retraité, sa femme ou sa fille, qui proposaient le système et prenaient l'argent liquide. Elles décrivent "Monsieur Abdel" comme celui qui distribuait les boîtiers et envoyait les réponses, grâce à un classeur répertoriant les 200 séries de questions de l'examen.

"Donc vous, vous dites la vérité et tous les autres mentent", a interrogé le président devant la famille. 

Le gendre inspecteur a reconnu avoir pris illégalement 500 photos des questions en centre d'examen, mais a assuré ne jamais les avoir transmises. Le parquet a également requis un an d'emprisonnement contre un Pakistanais, qui a agi comme rabatteur auprès d'un candidat.

Le tribunal rendra son jugement le 27 mars.

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