VIDÉO - Affaire Ferrand : pour éviter de répondre, Bayrou sort... son code de procédure pénale

Justice
POLÉMIQUE - Interrogé sur le sujet lors de la présentation de son projet de loi de la vie publique, François Bayrou, le ministre de la Justice, a indiqué jeudi qu'il ne commenterait pas l'affaire qui touche le ministre de la Cohésion des Territoires. Il y a deux jours, il avait pourtant retweeté un communiqué dans lequel Marielle de Sarnez, dorénavant au gouvernement, se défendait de tout emploi fictif.

Les commentaires d’un jour ne sont pas nécessairement ceux de la veille. Lors d'un point presse sur son projet de loi de moralisation de la vie publique, François Bayrou a indiqué ce jeudi qu'il ne commenterait pas l'affaire Richard Ferrand. Problème : mardi, il avait pourtant relayé le communiqué de presse de Marielle de Sarnez, la ministre chargée des Affaires européennes, dont le nom figure dans une enquête sur les assistants parlementaires.


"Cette loi interdit que je puisse faire quelque commentaire que ce soit dans une affaire individuelle et je n'en ferai pas", a répondu François Bayrou à une question qui lui était posée sur l'ouverture d'une enquête préliminaire visant Richard Ferrand. Pour l'occasion, le Garde des Sceaux avait sorti son code de procédure pénale avec lui, citant l'article 30 pour éviter de répondre.

Un contrat "validé et approuvé"

S’il refuse de commenter l’affaire Ferrand, François Bayrou avait néanmoins diffusé sur son compte Twitter les propos de Marielle de Sarnez, anciennement vice-présidente du MoDem à ses côtés. Dans la nuit de mardi, la ministre chargée des Affaires européennes a publié un communiqué sur Twitter, assurant que le contrat de travail de son assistante parlementaire avait été "validé et approuvé" en son temps par le Parlement européen. François Bayrou, dont elle est proche, a relayé ce texte sur le même réseau social. 

"Ce n'est en rien une pression. Il n'y avait pas un mot [dans le communiqué, ndlr] sur la décision de justice, autrement je ne m'enserais pas fait l'écho", a assuré le Garde des Sceaux. "Je fais très bien la différence entre la fonction de ministre et l'homme", a-t-il poursuivi, en référence au fait qu'il avait effacé la mention "ministre de la Justice" sur sa bio Twitter. 


Reste que le retweet n'est pas passé inaperçu. "Nous devons tous être vigilants sur la gestion de nos comptes de nos réseaux sociaux, je l'apprends depuis quelques jours à mes dépends", avait estimé quelques heures après Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement. Marielle de Sarnez avait souligné pour sa part sur Europe 1 que François Bayrou avait "le droit de s'exprimer sur Twitter en tant que tel, comme citoyen et pas comme ministre".


Marielle de Sarnez fait partie de 19 eurodéputés français impliqués dans une enquête préliminaire diligentée après que l'élue frontiste Sophie Montel les a dénoncés, les accusant d'avoir pour assistants parlementaires des individus ayant par ailleurs des responsabilités dans leurs formations politiques.

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